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Cannes 2008

[Cannes 2008] Valse avec Bachir

Le 16/05/2008

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VALSE AVEC BACHIR, un film d'Ari Folman

 

L’Israélien Ari Folman propose un film hybride, mélangeant animation, documentaire et autobiographie, sur le massacre de Sabra et Chatila. Pour un résultat mitigé.

 

Peut-on dessiner le massacre de Sabra et Chatila ? Ari Folman s’y essaie et signe avec Valse avec Bachir un documentaire d’animation formellement innovant. Pour autant, le film suscite de nombreux questionnements, en raison précisément de son caractère hybride. Un soir dans un bar, Ari Folman retrouve un vieil ami qui lui raconte son rêve récurrent. Chaque nuit, depuis plus de deux ans, vingt-six chiens le poursuivent pour le mettre en pièces. Au fil de la conversation, les deux hommes établissent un lien avec leur passé de militaires dans l’armée israélienne. Cependant, Ari Folman se rend compte qu’il a partiellement effacé cette période de son esprit. Sur les conseils d’un ami psy, il entreprend un travail d’investigation et part à la rencontre de ses anciens camarades soldats, dispersés aux quatre coins du monde.

 

Le film enregistre leurs témoignages. Récit autobiographique, le film redessine les contours d’une géographie intime (la mémoire morcelée du cinéaste) et physique (le territoire libanais à feu et à sang). Le film adopte le point de vue de jeunes soldats israéliens, évoluant dans une sorte d’état second. Déphasés, ils tirent dans le tas, sans faire de détail, détachés de la réalité qui les entoure. Valse avec Bachir est comme le souvenir : fragmentaire. Au fil des témoignages, les strates mémorielles se déposent et forment des couches de plus en plus opaques. Il en ressort néanmoins qu’Ari Folman a bien été témoin du massacre de Sabra et Chatila, perpétré par une milice chrétienne (les phalangistes) contre les Palestiniens, et ce avec la complicité d’Ariel Sharon, comme le film le démontre. Dans quelle zone souterraine le souvenir de cet événement funeste s’était-il enfoui ? Le dessin permet de l’exhumer à travers le recours à l’imaginaire.

 

Mélangeant la 3D, l’animation classique et le flash, le film impressionne par sa palette graphique. Mais sa conclusion laisse pantois : pourquoi Ari Folman a-t-il choisi l’animation quand son film renoue à la fin avec le réalisme des images d’archives ? Insoutenables clichés de cadavres de Palestiniens, corps d’enfants sans vie, vidéos de mères en pleurs sont assénés brutalement, sans commentaire additionnel. Le final remplit sa vocation : particulièrement fort, il provoque une violente émotion chez le spectateur. Mais le procédé – où la réalité reprend le dessus sur la représentation – sème le trouble sur l’intérêt d’un documentaire empruntant une forme animée.  

 

Sandrine Marques

Cannes 2008

[Cannes 2008] Blindness

Le 15/05/2008

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BLINDNESS de Fernando Mereilles. Le film d'ouverture de la sélection officielle n'a pas marqué la rétine de notre envoyée spéciale.

Adapté du livre L’Aveuglement de José Saramago, prix Nobel de littérature en 1998, Blindness fait d’une soudaine épidémie de cécité le ressort d’une parabole politique inaboutie. À la réalisation, le Brésilien Fernando Mereilles abandonne l’énergie et le naturalisme de La Cité de Dieu au profit d’un récit hollywoodien, servi par un casting cosmopolite. Un homme perd subitement la vue au volant de sa voiture. Tous ceux qui l’ont approché ne tardent pas à souffrir des mêmes symptômes.

 

L’origine de l’endémie reste mystérieuse, y compris pour un médecin (Mark Ruffalo) bientôt frappé de cécité à son tour. Il est mis en quarantaine dans un hôpital désaffecté avec sa femme (Julianne Moore), curieusement épargnée par la maladie. À l’intérieur de l’hôpital où ils sont parqués, les protagonistes livrés à eux-mêmes tentent de s’organiser en société. Mais la situation progressivement dégénère. Quand un malade (Gael Garcia Bernal) s’autoproclame « roi du dortoir 3 », c’est une explosion de violences. Blindness commence comme un film d’action (les séquences liminaires sont assez convaincantes) puis s’aventure du côté du huis clos pour s’effondrer dans un dernier segment où se dilue le propos. « Si tu peux voir, regarde. Si tu peux regarder, observe » : la préface du livre de Saramago résume le parti pris de Mereilles, qui place le spectateur au même niveau que son héroïne, seule voyante parmi les aveugles.

 

 

Mais, comble de l’ironie, le roman de Saramago est très visuel quand le film de Mereilles se contente d’être illustratif. Le recours à la voix off, prise en charge par l’homme au bandeau noir (Danny Glover), signe l’échec de l’adaptation et les manques du film. Redondante et superfétatoire, elle plombe un film qui évoque par moments une mauvaise parodie de Romero. Mereilles n’a pas osé faire un film de genre : détournez les yeux de son cinéma.

 

Sandrine Marques

Cannes 2008

[Cannes 2008] Arnaud Desplechin

Le 14/05/2008

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LA FORMULE IDEALE

 

Un Conte de Noël sort sur les écrans le 21 mai prochain. À cette occasion, nous avons rencontré son auteur, Arnaud Desplechin, en plein mixage d’un film dont la richesse thématique et formelle impressionne. Le théâtre, le jeu, la maladie ou les mathématiques ont permis de poser les termes d’une équation simple : celle qui fait la force du cinéma de Desplechin. Démonstration.

Pourquoi avoir sous-titré votre film Roubaix !, avec un point d’exclamation ? Que vous inspire cette ville qui est aussi votre lieu de naissance ?

 

Dans Roi et Reines [son avant-dernier film, ndlr], une partie du scénario est intitulée «vers Roubaix! ». Avec les techniciens et les acteurs, on se disait «voilà, là, c’est l’Italie ». On partait vers l’utopie, l’Arcadie, vers le sud comme dans les pièces de Shakespeare. Roubaix fonctionne comme la ville fantasmée de Thèbes dans Songe d’une nuit d’été. Évidemment, ce n’est pas la géographie réelle mais peu importe. Il y a cet endroit utopique où tout est possible. Tout peut advenir le soir de Noël : on peut se transformer, tomber amoureuse d’un autre. Que mon intrigue soit située dans un lieu humble, tour à tour magique ou mélancolique, me plaisait. Il y a un enthousiasme propre au mouvement du film et une idée qui n’appartient qu’au cinéma. Au début de Comment je me suis disputé…, Paul Dédalus dit : « On était petits et on jouait qu’on était à Venise ». Bien sûr, les enfants ne connaissent pas l’Italie mais Bruges, la Venise du Nord. Ensuite, on voit des peintures de Canaletto, mélangées à des plans vides de Bruges, tandis que les enfants jouent à Roubaix et se souviennent de leurs vacances en Belgique. Ils jouent « qu’ils seraient des Italiens » mais le vrai lieu n’existe jamais, à part celui qu’ils reconstruisent de manière  ludique. Dans Esther Khan encore, Laszlo Szabo est devant la Tamise et dit que le fleuve lui rappelle Pékin. Bien qu’il n’ait aucune envie d’y aller, d’attraper cette couleur de gris lui suffit pour transposer son univers. Que le monde puisse se déplier dans l’imagination a très fort à voir avec le cinéma.

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Cannes 2008

[Cannes 2008] Un Conte de Noël

Le 14/05/2008

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Un Conte de Noël un film d'Arnaud Desplechin. Sortie le 21 mai

LES JOUEURS

En compétition à Cannes, Un Conte de Noël – sous-titré Roubaix ! – pourrait bien être le film-somme d’Arnaud Desplechin. Liens et maladie du sang irriguent un récit organique, où le jeu tient le devant de la scène. Brillant.

 

"Si vous gagnez, vous gagnez tout ; si vous perdez, vous ne perdez rien », écrivait Pascal dans Les Pensées. C’est sur la base de ce célèbre pari que s’articule Un Conte de Noël, un film de famille doublé d’un thriller scientifique. Les spéculations se cristallisent autour de Junon, interprétée par Catherine Deneuve, mère intransigeante au nom de déesse.

 

Atteinte d’une maladie du sang très rare, mais encore au stade larvaire, sa survie dépend d’une greffe de moelle. Le donneur doit être un parent ou descendant direct. Enfants et petits-enfants font les tests de compatibilité. Après des années de division, tous se retrouvent pour les fêtes dans la grande demeure familiale de Roubaix. Henri (Mathieu Amalric) a été banni de la famille quelques années auparavant par sa soeur Elizabeth (Anne Consigny), excédée par ses frasques. Yvan (Melvil Poupaud), le benjamin, mène une vie rangée aux côtés de son épouse Sylvia (Chiara Mastroianni) et de ses deux enfants. Le soir de Noël, tous se transforment et se révèlent. À commencer par la ville de Roubaix, sublimée par la caméra du cinéaste. Au cours d’un réveillon aux allures de farce burlesque, les conflits se dénouent. C’est la force de Desplechin que de faire cohabiter dans une même scène les contraires : le drame et le rire, la vie et la mort, l’amour et la haine. Fluide et inspiré, Un Conte de Noël est une chambre d’échos qui résonne de tous les films de son auteur, en même temps qu’un théâtre de chambre où s’exacerbent les passions et les tourments. Mais en premier lieu, Un Conte de Noël est un pari généreux sur la vie, un miracle de cinéma, un potlatch bienheureux.

 

Sandrine Marques

 

Lire l'interview du réalisateur Arnaud Desplechin

Cinéma

[Interview] Nés en 68

Le 14/05/2008

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Interview d'Olivier Ducastel et Jacques Martineau : Réalisteurs de Nés en 68 (sortie le 21/05/08) avec Laetitia Casta et Yannick Renier.

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Cinéma

[Évènement] Pink Floyd

Le 14/05/2008

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CINEMUSICALES

Dans le cadre de son partenariat avec l’association Cinéma et Musique de l’Université Paris 7 Diderot, le MK2 Bibliothèque accueillera le chanteur Elliott Murphy et la photographe Sue Rynski le samedi 17 mai à partir de 11h00. Autour de la projection du film Pink Floyd – The Wall, Elliott Murphy interprètera quelques uns de ses titres et le chanteur et la photographe dédicaceront albums et ouvrages à la boutique MK2 Images. En parallèle, une exposition de Sue Rynki sera visible au MK2 Bibliothèque.

 

Au MK2 Bibliothèque le samedi 17 mai.

 

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Cinéma

[Cinéma] Sorties de la semaine

Le 14/05/2008

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Interview de Philippe ARACTINGI, réalisateur de Sous les bombes

Retrouvez le meilleur des sorties de la semaine du 14 mai au 21 mai.

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