Frontière(s) de --

Sortie le
04 Octobre 2017

85 minutes
avec : --
Tout public
Synopsis

"Koropa" de Laura Henno
"Landscape at noon" de Roy Samaha

KOROPA - Laura Henno - 19" - 2016
Courtesy : Galerie Les Filles du Calvaire
Production: Spectre
VO : comorien - ST : ANGLAIS
Ben est pilote et réparateur de kwassa-kwassa, bateau de pêche traditionnel des Comores, archipel de l’océan indien traversée par une frontière violente, héritée de la colonisation. Comme en Méditerranée, ils sont nombreux à tenter au péril de leur vie la traversée depuis Anjouan vers Mayotte, seule île aujourd’hui française de l’archipel. Pour échapper à la misère, Ben est passé de pêcheur à passeur. Dans cette entreprise de l’ombre, il tente tant bien que mal de conserver son éthique et de veiller sur la sécurité de ses passagers. C’est ce métier qu’il transmet au cœur de la nuit à Patron. Pour éviter les condamnations, Ben n’a pas d’autre choix que de faire de cet enfant un « commandant » puisqu’il est trop jeune pour aller en prison.
Koropa met en scène ce rite de passage silencieux, cet apprentissage solennel, la transmission d’un savoir qui doit autant à la ruse qu’à l’art de piloter sur un océan hostile.
Par sa forme brève et radicale, son espace abstrait, le film s’échappe de la forme documentaire pour dessiner un drame antique, où deux figures mutiques, celles du père et du fils, deux corps partagent un périple au seuil du pays des morts sur un océan peuplé de fantômes. Une traversée qui en rappelle beaucoup d’autres dans un monde où la mer se dresse comme une frontière en forme de tombeau.
(Olivier Marboeuf)

LANDSCAPE AT NOON - Roy Samaha (co-scripted with Masha Refka) - 66'' – 2014-2017
Courtesy : Orjouane Productions et Galerie Tanit
Copyright : Roy Samaha
VO - ST : ANGLAIS
Nasri, jeune réalisateur, travaille à son dernier film, The Last Portrait, qui se déroule pendant la guerre civile au Liban. Il a le sentiment que ses scènes reconstituées manquent d'authenticité, qu'il est incapable de représenter la mort. Malgré ses recherches dans les archives et des heures de visionnage de vidéos d'époque, il n'arrive pas à se défaire de l'idée qu'il manque d'un élément de vérité et une certaine tension du réel. Perdu, Nasri décide d'entreprendre un voyage de recherche à Chypre. Là existe encore une zone tampon rappelant celle qui séparait l'est et l'ouest de Beyrouth. Il estime que se placer au cœur de ce type de tension géopolitique pourra l'aider dans la réalisation de son film. Mais une fois passé du côté turc, son objectif initial est oublié. En se promenant seul sur le port, il est approché par un inconnu qui, le voyant prendre des photos, entame une conversation avec lui. Nasri, pour une raison quelconque, se présente comme un photographe de guerre à la retraite. L'inconnu lui propose de faire un dernier portrait d'un vieil aristocrate britannique expatrié récemment décédé, « car c'est la coutume ». Nasri accepte. Ce qui ne devait être qu'un court voyage devient un périple cauchemardesque, derrière l'apparence de vacances ensoleillées en Méditerranée, entre Chypre, la Grèce et la Turquie.