CANNES 2012 // 26 Mai 2012
Cannes, jours 7&8 : walking on sunshine?
_Par Laura Tuillier
Dernière ligne droite du festival, sous le soleil, un peu, beaucoup et plus du tout. Dernières fêtes en vue, dernier réveil à l'aube demain pour Mud de Jeff Nichols, que la rédac attend avec impatience. Hier, on était à la Quinzaine pour voir l'adaptation des Liaisons dangereuses par le Chinois Hur Jin-ho, on a filé à Un certain regard pour Miss Lovely d'Ashim Ahluwalia et ce matin on était de retour à la Quizaine pour le nostalgique Camille Redouble de Noémie Lvovsky. Be kind, rewind.
De la Quinzaine des réalisateurs on est certains d'adorer le générique, quelques élégantes images des films découverts précédemment dans cette sélection parallèle et raccordées par un filet de notes de piano mélancoliques. Entre hier et aujourd'hui, Les Liaisons dangereuses de Hur Jin-ho nous ont moins convaincues que Camille redouble, comédie sensible de Noémie Lvovsky. Le réalisateur chinois s'empare du roman de Choderlos de Laclos, déjà adapté sur grand écran par Milos Forman, Roger Vadim ou Stephen Frears. Il le transpose dans le Shanghaï des années 30, en plein bouillonnements révolutionnaires.
Ce matin, Noémie Lvovsky présentait Camille redouble, son cinquième film en tant que réalisatrice. Actrice centrale du cinéma français (on la retrouve partout, chez Desplechin, Bonello, Sattouf ou Delpy), Noémie Lvovsky aime les films de potesses et les remakes. Après deux films "adultes" (Faut que ça danse et Les Sentiments, inspiré de La Femme d'à côté de Truffaut), elle renoue avec la veine teenager de ses deux premiers films (Petites et La vie ne me fait pas peur). Soit l'adaptation de Peggy Sue s'est mariée de Francis Ford Coppola, dans lequel Kathleen Turner se retrouvait projetée dans ses années lycée. Ici, c'est la réal herself, actrice de séries Z légèrement alcoolique et en pleine séparation d'avec son amour de toujours, qui se réveille dans les années 80 à la suite d'un nouvel an trop alcoolisé. Donc, Camille redouble. En remontant le temps, la voilà qui retrouve avec joie et appréhension parents, amies et amour. Le spectateur retrouve lui une ambiance Beaux Gosses, avec Vincent Lacoste lycéen et un caméo de Riad Sattouf. Comédie à la fois légère (entousiasmante BO) et nostalgique, le film de Noémie Lvovsky s'attaque aux grands thèmes de la répétition, des désillusions qu'apporte l'âge, du besoin de prévoir et de la peur de tout savoir. Au milieu de sa bande de potes délurées (mention spéciale à Judith Chemla, parfaite en emo kid rebelle), Noémie Lvovsky trouve une seconde jeunesse et recolle quelques morceaux de temps perdu. Ce n'est pas rien.
A Un certain regard était présenté hier le troisième film indien de Cannes (après Gangs of Wasseypur à la Quinzaine et Peddlers à la Semaine) : Miss Lovely d'Ashim Ahluwalia. Une immersion dans le Bombay interlope des années 80, le film suit le quotidien mouvementé de deux frères mafieux, producteurs de séries Z porn ou d'horreur (ou les deux). Un peu trop trash et obscur.
Et hier soir preuve que le festival de Cannes est déjà tourné vers sa prochaine édition, à la Salle du Soixantième étaient projetés des extraits des prochains films de Nicolas Winding Refn (Only God Forgives) et de Wong Kar Waï (The Grand Masters). Au programme, des images léchées, Ryan Gosling bien vénèr chez le Danois, une séance d'art martial lyrique chez le maître chinois. La suite en 2013.


Post new Commentaire