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AGENDA // 14 Août 2012

DVD : la sélection de la rédaction

_Par La rédaction

(c) Pretty Pictures

Pour survivre à un 15 août pluvieux et prolonger un peu les vacances, la rédaction vous a dégotté six immanquables DVD. Au menu : blondes, westerns et serial killers.

La dernière piste de Kelly Reichardt (StudioCanal)

Partez dans l’Ouest cet été avec La Dernière Piste, film de survie écrasé par la lumière et western désaxé sur les traces d’un convoi de pionniers égarés au XIXe siècle dans le désert de l’Oregon. Protégée de Todd Haynes, Kelly Reichardt suit depuis quatre films la voie d’un cinéma pastoral minimaliste. Michelle Williams, déjà héroïne routarde de Wendy et Lucy, s’y épuise et s’affirme dans l’appropriation des espaces sauvages. D’une rare modestie, ce cinéma, placé sous l’égide de Terrence Malick, fait de l’Oregon (déjà à l'honneur dans Old Joy) le dernier territoire du lyrisme américain. _Clémentine Gallot

 

Obsession de Brian De Palma (Wild Side)

Tourné en 1976, entre Phantom of the Paradise et Carrie, Obsession illustre bien celles de son auteur, thématiques (famille éclatée, enfant vengeur) et formelles (image en mouvement permanent, embuée ici par un halo kitsch à souhait). Un businessman perd femme et fille dans un kidnapping qui tourne au drame. Quinze ans plus tard, il rencontre le parfait sosie de sa défunte épouse et, entre espoir et fascination mortifère, projette de l’épouser. Variation revendiquée sur le Vertigo de Hitchcock, le film déploie une belle réflexion sur le mécanisme de reproduction, dans l’art comme dans la vie. _Juliette Reitzer

 

La porte du diable d’Anthony Mann (Wild Side)

Venu du film noir, Anthony Mann se lance en 1950 dans le western avec La Porte du diable, oeuvre sombre et élégiaque à redécouvrir. Son héros est un Indien revenu décoré de la guerre de Sécession, qui tente de vivre en paix parmi les pionniers de l’Ouest et investir les terres qu’il est en droit de posséder, mais doit faire face au racisme d’un notable fraîchement investi à l’allure de croque-mort. Robert Taylor, acteur surnommé « l’homme au profil de rêve » mais injustement oublié, incarne l’héroïsme indien, point de vue rare qui permet de dire l’horreur de la persécution par les wasps. _Sophia Collet

 

Schizophrenia de Gerald Kargl (Carlotta Films)

Longtemps invisible et néanmoins culte, loin du simple film de genre, Schizophrenia, tourné en 1983, est une tentative esthétique choc : Gerald Kargl y adopte le point de vue d’un tueur fou, combinant à un monologue intérieur et une musique hypnotique venue des limbes la perspective d’un monde empli par la mort, minéral, mécanique. Sa force réside dans sa manière de coller au regard de l’esprit dément en conservant sa dimension grotesque et triviale, sa perception aveugle des choses, sans jouer la fascination, conférant ainsi une puissance rare à son récit comme à sa mise en scène. _S.C.

 

Dans la peau d'une blonde de Blake Edwards (Koba Films)

Un publicitaire macho, assassiné dans un jacuzzi par des maîtresses éconduites se réincarne, ultime châtiment, en femme dans ce Blake Edwards tardif (1991), post-âge d’or des farces burlesques (La Panthère rose, La Party). Comédie de mœurs et du travestissement forte en gueule, Switch, en anglais, trouve en l’extravagante Ellen Barkin, vulgaire et badass, une incarnation de cet indécrottable salaud piégé dans un corps féminin inadapté. En sus de saillies rythmées par les suaves trémolos de Henry Mancini, le film réussit son exploration des stéréotypes sexués dans les nineties flamboyantes et polissonnes. _C.G. 

 

Detention de Joseph Kahn (Sony Pictures Entertainment)

Précédé d’une excellente réputation acquise au fil des festivals, Detention sort directement en DVD chez nous. À mi-chemin entre l’horreur à tiroirs de Wes Craven, le délire référentiel de Tarantino et le teen movie façon Gregg Araki, le film de Joseph Kahn, banale histoire de lycéens pourchassés par un mystérieux tueur en série, étonne et amuse. En poussant le « n’importe quoi » très loin et en offrant un divertissement régressif et joyeux, shooté aux boys bands et aux blockbusters des années 1990, Detention, condensé réussi de culture populaire et d’inattendu, a de quoi devenir culte. _Renan Cros

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