test

affiche

evenements

salle

AGENDA // 06 Février 2012

Festival de Clermont-Ferrand : compte-rendu

_Par Laura Tuillier

Ce qu'il restera de nous (c) Kazak Productions

Au festival du court-métrage de Clermont et par des températures polaires le soleil brillait surtout à l’Est, grâce à une mine de courts-métrages asiatiques brillants. Et tandis que beaucoup de films plongeaient avec plus ou moins de succès au cœur de la crise, Vincent Macaigne, héros échevelé du festival devant et derrière la caméra, réchauffait les cœurs.

 

Si l’Asie était presque absente des traditionnels tops de l’année 2011, elle est arrivée très en forme à Clermont Ferrand. Grand prix du jury international, Guest de la Sud-coréenne Ga Eun Yoon, mise en scène maitrisée de la rage d’une ado envers la maîtresse de son père (qui restera hors-champ), a été retenu au milieu d’autres pépites. Le montage audacieux de Little Precious du Chinois C.B Yilin, pages d’existence du jeune Xiao Bao entre ville et campagne, agitation et inertie, fascine presque autant que le film de Park Chan-wook, Night Fishing, présenté en sélection Labo. Tournée à l’iphone, cette rêverie bricolée n’a peur de rien : ni du mélange des genres (un concert pop au milieu des champs, suivi d’une séance de pêche nocturne et d’une cérémonie religieuse bariolée), ni de l’abolition des règles de grammaire cinématographiques. En trente minutes, c’est un univers de collages fabuleux et extrêmement suggestif que Park Chan-wook crée, mine de rien. Notons aussi l’audace visuelle du court-métrage d’animation Le Temps des cerisiers en fleurs du Taïwanais Shiu-Cheng Tsai, présenté en compétition internationale. Le film d’animation n’était d’ailleurs pas en reste, avec de belles propositions poétiques, du cruel Dernier Bus de la Slovaque Ivana Laucikova (Prix de la jeunesse) à l’aquatique Belly de l’Anglaise Julia Pott (Prix Canal +) en passant par le très délicat Ciel d’en bas du brésilien Leonardo Cata Preta.

Dans la sélection française beaucoup de films ont pris le pouls de la crise : l’ambitieux et fiévreux Sur la route du paradis d’Uda Benyamina, sous influence almodovarienne, La Dérive de Matthieu Salmon, plus théorique, portrait d’une femme licenciée qui ne peut se résoudre à s’éloigner de son lieu de travail. Le Prix du public, La France qui se lève tôt choisit la comédie musicale pour aborder le problème des travailleurs sans-papiers. Pour trancher avec cette ambiance un peu morose, le metteur en scène de théâtre Vincent Macaigne (à l’affiche mercredi d’Un monde sans femmes de Guillaume Brac) est apparu un peu partout avec la même urgence salutaire. Comme acteur dans le très drôle I’m Your Man de Keren Ben Rafaël (l’histoire d’un mec qui se retrouve coincé « dans » son ex, en plein déménagement) et dans Moonlight Lover de Guilhem Amesland (buddy movie doux-amer entre deux coups de peinture). Comme réalisateur avec Ce qu’il restera de nous, film chéri du festival (Grand prix, Mention spéciale du jury jeunes, Prix Télérama). « Ce film est un enfant fragile », nous confiait le réalisateur, assez incrédule de ce succès soudain. Tourné en DV, en deux semaines, avec « des amis » (on retrouve devant la caméra Laure Calamy, qui joue dans Un monde sans femmes), le premier essai de Macaigne derrière la caméra continue de creuser une réflexion rageuse sur la responsabilité des pères (juste après Au moins j’aurais laissé un beau cadavre au théâtre, adapté d’Hamlet). Et propose un cinéma de tension permanente (« archaïque »), dans les cris, la rage et le sang. « Guillaume [Brac] voudrait vous faire une caresse avec son film, moi je veux donner des coups de pied », avance doucement le réalisateur. Vincent Macaigne a alors pris garde à ce que Clermont-Ferrand, engourdi par la neige, continue malgré tout de veiller.

 

 

Palmarès

National
Grand Prix et Prix Télérama
Ce qu’il restera de nous de Vincent Macaigne
Prix spécial
La Sole, entre l’eau et le sable d’Angèle Chiodo
Prix ADAMI d’interprétation
Laurie Lévêque pour Petite pute de Claudine Natkin
Sébastien Houbani pour Tête froide de Nicolas Mesdom

International
Grand prix
Guest de Ga Eun Yoon (Corée du Sud)
Prix spécial
Einspruch VI (Protestation VI) de Rolando Colla (Suisse)

Labo
Grand prix
Il Capo de Yuri Ancarani (Italie)
Prix spécial
Bobby yeah de Robert Morgan (Grande Bretagne)

 

(0)

Post new Commentaire

x

Désolé, problème de connexion avec le cinéma, merci de réessayer ou d'acheter votre billets directement en salle

ok

ok