CANNES 2012 // 26 Mai 2012
Jeff Nichols à Cannes
_Par Clementine Gallot et Laura Tuillier
“Le mouvement du film est inspiré par la rivière”. 3 questions à Jeff Nichols, réalisateur de Mud, dernier film de la compétition du festival de Cannes.
Si Take Shelter était un film atmosphérique, malgré son titre, Mud n’a rien de boueux. Au contraire la mise en scène est de plus en plus aérienne.
Il y a une évolution dans les mouvements de caméra entre mes trois films, dont celui-ci est l’aboutissement. Shotgun Stories était stagnant, Take Shelter avançait à un rythme inquiétant, le monde se refermait sur vous. Avec Mud, tout le mouvement est inspiré par la rivière, il y a une énergie mais ce n’est pas frénétique, il faut qu’il y ait un flot élégant. C’est essentiel esthétiquement et d’un point de vue narratif que les scènes où les enfants découvrent ce nouveau monde s’enchaînent de cette manière.
Après avoir filmé au niveau des adultes, pourquoi ce film d’initiation ?
C’est une initiation à l’age adulte. Je voulais faire un film sur un cœur brisé, et un amour inconditionnel. Cela m’est arrivé au même âge. Je pensais aussi au Guet-apens de Sam Pekinpah, à Charley Varrick de Don Siegel et bien sûr Badlands de Terrence Malick, qui affecte chacun de mes films. J’ai passé tellement de temps à préparer ce film que j’écris depuis 10 ans... J’y ai injecté de ma personne mais aussi toutes ces choses collectées au fil des ans.
L’île comme personnage du film, constitue un écrin onirique : le Sud est-il magique ?
Le Sud n’est pas si éloigné de la mythologie et de la superstition, notre culture s’est construite là dessus. Ce sentiment découle du décor : nous sommes allés sur une île au milieu du Mississipi dans le sud-est de l’Arkansas, les arbres étaient tordus, tout avait l’air magique. Matthew McConaughey a même campé dessus pendant quelques jours pour s’en imprégner.


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