CINEMA // 13 Décembre 2011
Méliès : Pleine Lune
_Par Clémentine Gallot
Raccords avec les fêtes, Hugo Cabret de Martin Scorsese, la sortie restaurée du Voyage dans la Lune, un documentaire, un coffret DVD, des livres et des conférences invitent à redécouvrir Georges Méliès, le premier illusionniste du cinéma.
PLEINE LUNE
Toute l’enfance du cinéma se niche là, dans l’esprit lunaire d’un ancien prestidigitateur qui rachète en 1896 un théâtre pour organiser des projections en cinématographe comme autant de tours de magie. « Père du spectacle cinématographique », Georges Méliès propose au public ses propres petits films, des attractions tournées dans ses studios à Montreuil. En amuseur public, il met au point les premiers trucages, qui voient par exemple les personnages escamotés à l’écran. D’abord en noir et blanc puis en pellicule colorisée à la main, ce bricolage malin constitue pour l’époque une réelle avancée technique. Ce qui ne l’empêche pas d’être bientôt dépassé… L’illusionniste ferme boutique en 1913, et d’un geste rageur brûle ses négatifs. Seuls 200 films des 500 de son œuvre séminale ont survécu, comme le raconte Madeleine Malthête-Méliès dans la biographie qu’elle consacre à son grand-père, Georges Méliès l’enchanteur, rééditée cet automne. Un coffret DVD compile aujourd’hui vingt-neuf de ces formats courts, agrémenté d’un beau livre de Julien Dupuy (collaborateur de Trois Couleurs) : Georges Méliès à la conquête du cinématographe. Longues d’une minute environ, ces farces saccadées, à l’imagination plus débridée que les tableaux des frères Lumière à la même époque, révèlent – devant et derrière la caméra – l’homme-orchestre qui sera au centre de deux journées de discussions en décembre, à la Cinémathèque et au Paris FX Festival.
Ce n’est pas tout. Scène primitive du cinéma, Le Voyage dans la Lune, dans sa version colorisée de 1902, refait également surface. Retrouvée à Barcelone mais mortellement endommagée, cette version oubliée est un Graal du cinéma muet. Sa résurrection a été confiée au touche-à-tout Serge Bromberg, aidé par Lobster Films et le mécénat de Groupama Gan et Technicolor. Les images de la pellicule ont été retouchées au pixel près. Résultat : quinze minutes à la poursuite d’une équipe de savants cosmonautes au fil de somptueux tableaux symbolistes, envahis par de remuants aliens. Cette plongée dans une science-fiction balbutiante est l’« Avatar de l’époque », explique Bromberg dans le documentaire qui accompagne la ressortie du film, où il donne la parole aux héritiers de Méliès, de Michel Gondry à Michel Hazanavicius. Piraté et copié par d’autres studios, la féérie spatiale de Méliès avait d’ailleurs fait l’objet de remakes dès sa sortie...
Le Voyage extraordinaire de Serge Bromberg et Éric Lange, suivi du court métrage colorisé Le Voyage dans la Lune de Georges Méliès
Resortie le 14 décembre
Tous les jours au MK2 Beaubourg à partir du 14 décembre à 19h pour 1 €
Georges Méliès à la conquête du cinématographe de Julien Dupuy (cof fret livre + 3DVD, StudioCanal)
Georges Méliès l’enchanteur de Madeleine Malthête-Méliès (La Tour verte)
Journée d’étude consacrée à Georges Méliès, le 8 décembre à la Cinémathèque française
Conférence « Méliès, l’inventeur des ef fets visuels », le 15 décembre dans le cadre du Paris FX Festival
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C'est encore d'actualité la séance à 1€ au mk2 beaubourg ? Ça n'apparaît pas dans la programmation...


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