CINEMA // 20 Juillet 2012
Terri
_Par Laura Tuillier
Azazel Jacobs est un éternel débutant. Son travail reste confidentiel alors que sort Terri, son sixième long, sélectionné à Deauville et à Sundance. Le film, charmant comme peut l’être une première œuvre, est une histoire de passage à l’âge adulte. Logique.
Soirée pyjama
Après Momma’s Man, sorte de Tanguy urbain et mélancolique, Azazel Jacobs (fils du cinéaste expérimental new-yorkais Ken Jacobs) invente dans Terri un nouveau personnage en mutation. Si le réalisateur s’en va prendre l’air dans l’Amérique rurale, il garde son obsession première, qu’il résume ainsi : « Grandir est toujours un gros problème pour moi, je ne m’y fais pas. » Terri, excellent Jacob Wysocki, est un ado déphasé, engoncé dans un corps trop gros qui reste à modeler. Pour compliquer les choses, il n’a pas de parents, porte un nom de fille et insiste pour se rendre au lycée en pyjama. C’est pourtant là, dans ce lieu normé à l’extrême où freaks et geeks ne se mélangent pas aux ados bien dans leur peau, que Terri va trouver des compagnons de crise. Si le personnage et le scénario frisent toujours le cliché du petit film indé façon Sundance, Azazel Jacobs parvient à filmer avec talent la déambulation de Terri, de l’absence au monde à l’éveil affectif et sensuel. Comme lors de cette longue nuit arrosée en compagnie de Chad, l’enfant terrible, et de Heather, la fille populaire tombée en disgrâce, pour une scène balançant en permanence entre douceur et cruauté. Azazel Jacobs n’en finit pas de naître avec ses héros.
Terri d’Azazel Jacobs
Avec Jacob Wysocki, John C. Reilly…
Distribution : Pretty Pictures
Durée : 1h45
Sortie : 8 août


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