Le blog du meilleur de la culture, par Trois Couleurs
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[VOD] La Clef

Le 29/08/2008

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La clef - un film de Guillaume Nicloux

La Clef

Guillaume Nicloux signe un polar élégant et sans concession. Un vrai beau film noir qui marque un style parvenu à maturation.
Attention : cinéaste à suivre.

Depuis peu, Eric Vincent, trentenaire sans histoire, a un fort sentiment de malaise. Est-ce la peur d'avoir un enfant ou celle de voir brutalement resurgir le fantôme d'un père qu'il n'a jamais connu ? Un matin, un inconnu l'appelle pour lui proposer de récupérer les cendres de son père. D'abord réticent, il finit par accepter et se retrouve plongé au coeur d'une machination infernale.

Guillaume Nicloux est un cinéaste à suivre. Si son dernier film n'est pourtant pas une réussite (une adaptation commercial et grand public d'un mauvais roman), les trois premiers ont mis tout le monde d'accord : Le Poulpe (mémorable), Une Affaire privée et Cette Femme-là (deux très beaux films noirs) sont trois exemples d'un nouveau cinéma à la française qui s'assume avec élégance et pureté.
Pas de doute : La Clef s'inscrit directement dans la lignée qui a fait la réputation de ce nouveau réalisateur et c'est tant mieux. C'est d'ailleurs avec plaisir que reviennent deux habitués des castings Nicloux, toujours utilisés à contre emploi : Thierry Lhermitte et Josiane Balasko.

Aussi : si l'on retrouve cette mise en scène d'une rare classe qui caractérise les réalisations minutieuses du cinéaste, cette lumière déclinante et somptueuse, ces ambiances poisseuses et lugubres, La Clef introduit un étonnant choix narratif, une première chez Nicloux : le récit s'articule autour de trois histoires dont deux prolongent - surprise ! - Une Affaire privée et Cette Femme-là. Plaisir assuré pour les fans. Pour les autres, ce sera la découverte généreuse d'un style qui s'assume dorénavant avec une folle maitrise. Nicloux sait articuler ses histoires, leur donner vie, les amener à se rejoindre, avec un sens de la narration et de l'image dont peu de cinéastes peuvent aujourd'hui se réclamer.

On aime ces images pleine de spleen, ces puzzles imbriqués les uns dans les autres, cette rigueur à l'écriture qui fait les vraies séries noires. On aime son casting et le cinéaste - encore - se révèle un grand directeur d'acteurs, qu'il utilise toujours à contre emploi (la palme à Jean Rochefort). Pas de doute, ça crève l'écran, on peut parler d'un style Nicloux. D'autant plus que les thèmes chers au réalisateur sont de retours : vengeance, relation parent-enfant, machination, psychopathe. On ressort de La Clef rassuré par un cinéaste qui retrouve son univers et qui se permet même de conclure son film par une note mélodramatique qui ouvre de nouveaux horizons. C'est peu de dire qu'on attend son prochain film.

M.M.

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Cinéma

[Cinéma] La bande-annonce de la semaine

Le 27/08/2008

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Après deux Palmes d’or, les frères Dardenne ont obtenu le prix du scénario cette année à Cannes pour Le Silence de Lorna. Poignant, travaillé par la violence de l’époque, leur dernier film met en scène Lorna, une émigrée de l’Est en quête de rédemption.


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Cinéma

[Cinéma] Interview Dardenne

Le 27/08/2008

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Interview des frères Dardenne pour Trois Couleurs, à l'occasion de la sortie de leur nouveau long métrage Le Silence de Lorna.


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M.M.

Cinéma

[Cinéma] Les sorties de la semaine

Le 26/08/2008

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BE HAPPY Un film de Mike LEIGH

La poursuite candide du bonheur n’a pas bonne presse par les temps qui courent. C’est pourtant l’enjeu du nouveau film de Mike Leigh, Be Happy. Pari risqué pour une comédie popu déroutante, qui prend à contre-pied le recours attendu au cynisme et à l’ironie – autant d’obstacles à la réussite de ce film casse-gueule. Récit initiatique tirant vers la fable, Be Happy accompagne le cheminement de son héroïne, Poppy, institutrice londonienne fantasque, tête à claques et optimiste impénitente. Les frasques de cette trentenaire épanouie se heurtent à la misère urbaine et la détresse morale d’un moniteur de conduite grognon et psychorigide (Eddie Marsan). Actrice de théâtre et de télévision en pleine ascension, Sally Hawkins, en Anglaise frénétique, est de chaque scène. Son personnage porte à bout de bras le discours humaniste du scénario, qui se double d’un questionnement subtil sur l’éternel problème du bonheur – sa transmission, sa contagion, sa finalité. La primesautière Poppy vient ainsi rejoindre la galerie de personnages du cinéaste de Manchester. Ancien de la BBC, rompu à l’art de la satire sociale irrévérencieuse, Mike Leigh poursuit ici en filigrane une réflexion amorcée dans ses chroniques des cités britanniques (All or Nothing, 2002) et ses drames des classes moyennes (Secrets et mensonges, 1996). On retrouve dans Be Happy le dialoguiste working-class de ses débuts (Life is Sweet, 1991) et le goût du loufoque de Topsy Turvy (1999), son opéra baroque endiablé. Très bien accueilli en Grande-Bretagne, reste à voir si la fibre british du film fera mouche de ce coté-ci de la Manche.

Clémentine GALLOT

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LE SILENCE DE LORNA Un film de Jean-Pierre et Luc DARDENNE

Après Ken Loach, qui inventait une héroïne ambivalente dans It’s a Free World, c’est au tour des frères Dardenne d’explorer les contradictions de Lorna (lumineuse Arta Dobroshi), une Albanaise décidée à profiter du miracle économique. Pour obtenir la nationalité belge, elle côtoie les hommes du milieu qui lui arrangent des unions factices, moyennant une forte rétribution. Mariée à un toxicomane, Claudy (Jérémie Renier, exceptionnel), la jeune femme refuse de l’aider dans sa tentative de sevrage, avant de se laisser gagner par la compassion. Mais devenu gênant pour les mafieux, Claudy succombe à une overdose suspecte. Lorna choisit de garder le silence, tandis que dans son ventre grandit le fruit mystérieux de son étreinte avec le défunt. Puissante, la mise en scène des Dardenne opère d’imperceptibles révolutions. Réputés pour leur caméra mobile, talonnant au plus près les personnages, les cinéastes posent ici leurs plans et laissent à leurs protagonistes du champ pour les regarder évoluer. Ils nous avaient habitués à un cinéma où le geste prime, le voici organique. Les corps en souffrance sont au centre de ce film nocturne, qu’ils soient en proie aux crises de manque ou l’objet de tractations mercantiles. Les films des Dardenne ne recouraient à aucune musique additionnelle. Quelques notes de piano viennent déstabiliser ce postulat naturaliste dans un dernier plan bouleversant. La musique accompagne Lorna, l’enveloppe de sa douceur. Une rondeur, une générosité qu’adressent les cinéastes à leur nouvelle égérie, transformée par la grâce de la maternité. Lorna a choisi de se taire. Son silence est d’or.

Sandrine MARQUES

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Cinéma

[VOD] 30 Jours de nuit

Le 22/08/2008

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30 Jours de nuit.


Adapté du célèbre comics, David Slade délivre un objet racé, daté du meilleur des années 80, construit comme un bel hommage à l'un de ses maîtres. Surprise. Et pari réussi.


Pitch : Alaska, de nos jours. Au coeur de l'hiver, les habitants de la paisible ville de Barrow s'apprêtent à passer, comme tous les ans, un mois sans soleil. À la suite d'une série d'évènements étranges, Eben et Stella, les deux shérifs locaux, vont découvrir l'invraisemblable vérité. Un gang de vampires a investi la ville pour l'éradiquer de tous ses habitants. Eben, Stella et un petit groupe de survivants vont alors tenter de survivre jusqu'à l'aube...





Pris dans le contexte de la production d'aujourd'hui, 30 Jours de nuit n'est pas un film d'horreur comme les autres. On aurait pu s'en douter ; le cinéaste à sa tête, David Slade, n'a pas fait école dans le cinéma de genre. Son premier long, Hard Candy, vigilante movie là encore pas commun, annonce pourtant déjà la couleur : il sera question de "monstres" et d'ambiance. Tout est dit ? Presque. Lorsque s'ouvre le film, le cinémascope, la lumière, les lents mouvements de cadre, tout appelle à l'écran un cinéma fantastique directement hérité des années 80. Mieux : 30 Jours de nuit s'offre ni plus ni moins que comme l'hommage le plus direct jamais dédié à un maître absolu du genre, John Carpenter.


Il vous faudra oublier les "coups du chat", la bande son en dents de scie, le montage cut qui ne respire pas, la mise en scène poussive et uniquement motivée par la surenchère. C'est bien d'ambiance qu'il s'agit. Comme pour Hard Candy, Slade excelle à restituer l'angoisse, ici dans les paysages désertiques et enneigées de l'Alaska. On pense évidemment à Carpenter (la séquence des chiens citent The Thing dans le texte), d'autant plus que la violence, rarement hors champ, s'offre à nous de la manière la plus totale qui soit. Comme Shaun Of The Dead avant lui, il est ici question de légitimité, de cinéphilie, de respect du genre. Âmes sensibles, s'abstenir, mais si les plus forts sauront résister, ils n'en seront que récompensés. Les fans, eux, seront aux anges, d'autant que Slade s'autorise quelques digressions stylistiques fort bien vues comme un superbe plan aérien de massacre collectif. Percutant et virtuose.


On peut malgré tout faire la fine bouche. Slade, en respectant à la lettre les codes, ne sort pas beaucoup des sentiers battus : les personnages, pourtant bien campés, n'échappent que rarement aux clichés inhérents du genre. Surtout, le mois de nuit qu'annonce le titre ne se ressent pas pendant le film. La donnée temporelle, pourtant pleine de promesses, est totalement évacuée au profit d'une chasse à l'homme terriblement efficace - voire virtuose par moment - mais qui ne prend jamais de risque. Qu'importe : 30 Jours de nuit reste le meilleur film de genre depuis The Descent. Doublée d'une très belle surprise.


M.M.


Cinéma

[Cinéma] L’homme qui danse

Le 19/08/2008

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À l’occasion de la sortie de l’intégrale de ses films en DVD aux éditions Pyramide, nous avons rencontré l’immense réalisateur finlandais Aki Kaurismäki, peintre taciturne du blues des pauvres gens. Portrait d’un cinéaste rock, fauve et pince-sans-rire, en texte et en vidéo.


Qui est cet homme étrange, à l’humour pince-sans-rire, qui, recevant le Grand Prix du Jury au festival de Cannes 2002 pour L’Homme sans passé, déclarait : « Je voudrais tout d’abord me remercier moi-même » ? Auteur, réalisateur, producteur et monteur de ses films, Kaurismäki aime la musique, les laissés-pour-compte et les chiens errants, les voitures américaines, l’alcool fort et les couleurs vives. Qu’elle vienne du rock n’roll américain ou du tango finlandais, toute la musique qu’il aime fait partie intégrante de sa vie et de son oeuvre. Lorsqu’il monte les marches du Palais, à Cannes, il termine toujours par une petite danse sur le tapis rouge. Quand il rencontre un groupe de musicos déjantés, les Leningrad Cowboys, il leur consacre deux longs, cinq courts et un moyen métrage. Et si les personnages de ses films ont la parole rare – il a même réalisé «le dernier film muet du XXème siècle », Juha (1999) –, les chansons qui les accompagnent, sur une vieille radio ou dans le juke-box d’un bar, disent bien les mots qui se baladent dans leur tête de solitaire ; ce sont des météorologies intérieures, avec arc-en-ciel et nuages, vent et pluie, neige et soleil.



Grande carcasse au visage impassible fendu d’un regard d’eau claire, Aki Kaurismäki ressemble à un ours triste. Il se dit pessimiste ; on le sent concerné par l’humanité, inflexible et sans concession. Ses films racontent presque tous le même monde : celui des «petits, des obscurs, des sans-grade », les oubliés de la croissance, les chômeurs, les clochards et les alcooliques. Tous ces gens qu’il montre sans effet ni affect : tel qu’il les voit et tels qu’ils sont. Fautifs, parfois. Jamais plaintifs. Dignes et droits. Car même s’ils chancellent sous le poids de la vie, des coups, ou de l’alcool, leur force reste immense. Et leur beauté renversante. L’éboueur de Shadows in Paradise (1986), le docker d’Ariel (1988), l’ouvrière de La Fille aux allumettes (1989), l’employé de bureau de J’ai engagé un tueur (1990), les chômeurs d’Au loin s’en vont les nuages (1996), l’amnésique de L’Homme sans passé (2002) se cognent à la réalité cruelle, s’y abîment inexorablement ou parviennent à la fuir in extremis. Rat de cinémathèque depuis qu’à 16 ans, il a découvert au programme d’un ciné-club Nanouk l’esquimau de Flaherty et L’Âge d’or de Buñuel, amoureux d’Ozu, Bresson, Chaplin, Godard, Capra et quelques autres, Aki a d’abord co-écrit des films avec son frère aîné Mika, avant de se lancer seul, en 1983, dans une adaptation moderne de Crime et châtiment.



Entre ce premier film, où un ouvrier travaillant dans un abattoir assassine froidement un patron, et le quinzième à ce jour, Les Lumières du faubourg (2006), où un gardien de nuit solitaire traverse les sept cercles de l’enfer avant de croiser enfin un regard d’amour, presque rien n’a changé. Entouré du même chef-opérateur et d’une troupe d’acteurs fidèles, Kaurismäki creuse le même sillon, révèle la grandeur des «petites gens», leur souffrance et leur courage. Même si, comme il le dit dans un documentaire de Guy Girard, il a toujours eu «du pain à manger et des livres à lire », le Finlandais a exercé quantité de « petits » métiers dans sa jeunesse – facteur, plongeur, magasinier… – et côtoyé de près ces hommes et ces femmes qui, depuis vingt-cinq ans, sont les (anti)héros de ses histoires. Les lieux d’Helsinki qu’il filme, du port majestueux aux bars bondés de trognes avinées, des usines déshumanisées aux rues vidées d’êtres humains, sont autant de témoignages d’une époque qui semble s’être arrêtée dans les années 1950-1960, quand la classe ouvrière croyait encore à des lendemains chantants. Le dénuement des décors et des lignes est resté, le noir et blanc hiératique qui sertit les visages cède parfois la place à des explosions de couleurs : les murs vont du vert d’eau au bleu canard tandis que, de-ci delà, des rouges éclatent sur les lèvres ou le manteau d’une femme. La noirceur absolue des débuts s’est un peu adoucie, l’ironie, souvent, lui fait paravent. Face à la cruauté du monde, le cinéma d’Aki Kaurismäki nous est nécessaire.


Isabelle DANEL

Cinéma

[Cinéma] La bande-annonce de la semaine

Le 19/08/2008

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Six longues années que Mathieu Kassovitz prépare l'adaptation du bouquin SF bien barré de Maurice G. Dantec, Babylon Babies. Le brouillard cotoie encore la sortie de ce film évènement dont ne sait toujours pas si la France héritera de la fameuse director's cut ou de la version US (plus courte).



Babylon A.D. - sortie en salle le 20 août.


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