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Cinéma
[Cinéma] La bande-annonce de la semaine
Le 15/03/2010
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Bad Lieutenant - la bande annonce
envoyé par troiscouleurs. - Court métrage, documentaire et bande annonce.
Cinéma
[Interview] Christophe Blanc-Nicolas Saada
Le 15/03/2010
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FILMS NOIRS SUR FONDS BLANCS
Le cinéma de genre à la française se renouvelle, sous l’influence d’une jeune génération d’auteurs inspirés. Parmi eux, CHRISTOPHE BLANC réalise, avec Blanc comme neige, un thriller familial remarquable. Dans une même veine intimiste, NICOLAS SAADA signait l’an dernier Espion(s), un film noir tout aussi impressionnant. Nous avons voulu faire dialoguer ces deux auteurs, instigateurs d’un cinéma affranchi des conventions, ni tout à fait blanc, ni tout à fait noir.
_Propos recueillis par Auréliano Tonet (avec Sandrine Marques)
On retrouve dans Blanc comme neige des éléments clés du film de genre, mais aussi des motifs plus intimes. Espion(s) opérait un balancement comparable entre références au film de genre et singularité des thèmes et de l’intrigue…
Nicolas Saada : En France, La Sentinelle d’Arnaud Desplechin, en 1992, a ouvert une brèche, je crois. À la fois film de genre et film très personnel, il parvenait à montrer que la peur de s’engager n’était pas le caprice d’une «génération». Espion(s) – que j’envisage plus comme un film noir que comme un film d’espionnage – était une manière de canaliser ma noirceur, de la distiller dans un récit qui pouvait toucher un public le plus large possible.
Christophe Blanc : Selon mon producteur, il existe des définitions assez strictes du film de gangsters : le polar implique la présence de policiers, le film noir se place du côté des voyous, le thriller du côté de la victime. Blanc comme neige, je dirais que c’est un thriller familial : au-delà , ou plutôt à l’intérieur du thriller, j’avais le désir de parler de sentiments très communs – la fraternité, l’amour… J’ai été très marqué par La nuit nous appartient de James Gray et 7h58 ce samedi-là de Sidney Lumet, deux thrillers où l’univers familial est omniprésent.
N.S. : Finalement, Blanc comme neige, c’est l’histoire de quelqu’un qui se poursuit, et qui s’accomplit ou se désintègre en s’accomplissant. Ça peut être raconté de manière très froide et théorique, mais le film de genre permet au contraire d’incarner, de dramatiser, d’universaliser cette histoire…
C.B. : Dans le thriller, on est face à des problèmes de cinéma, très factuels : comment inscrire la durée du film dans un suspense prenant, comment filmer une scène d’action crédible… Blanc comme neige ne joue pas la carte du prétexte et respecte les codes qui au final sont essentiellement émotionnels : la tension, la peur, l’angoisse… Et, comme dit Nicolas, dans cet espace très calibré, on a tout le loisir d’explorer des problématiques humaines partagées par tous.
N.S. : Quand j’ai vu Blanc comme neige, j’ai cru – jusqu’à ce qu’on me dise le contraire – que c’était l’adaptation d’un roman. J’ai été très impressionné par la logique narrative, cette mécanique de la malchance qui est vraiment effrayante et que je pensais tirée d’un livre…
C.B. : Ce n’est pas tout à fait faux. Avec Roger Bohbot, mon coscénariste, on avait Le Livre de Job en ligne de mire. Le texte décrit un pacte terrible entre Dieu et Satan pour éprouver Job, censé être le représentant le plus fidèle de la foi, et qui se retrouve victime d’une suite de catastrophes sans fin. On peut y voir cet enseignement : Job, qui se croit le plus libre possible, vit dans la peur de Dieu, de la vie au sens large, et non dans son mystère. C’est ce qui provoque l’ire de Dieu contre lui. Mais on s’est détachés de cette référence écrasante. Je ne voulais pas faire un film avec une dimension métaphysique immédiate, même si elle a nourri l’écriture du scénario.
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Cinéma
[Cinéma] Portrait : François Cluzet
Le 15/03/2010
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FRANCOIS CLUZET DE BUT EN BLANC
Nominé dans la catégorie du meilleur acteur aux César pour À l’origine et Le Dernier pour la route, FRANÇOIS CLUZET est aussi précis dans le cinéma d’auteur que dans la comédie populaire. Exceptionnel dans Blanc comme neige de Christophe Blanc, cet humaniste à fleur de peau se raconte sans détour. De son besoin de reconnaissance à son goût pour les autres, portrait d’un acteur palimpseste.
_Par Sandrine Marques
TOURNER LA PAGE
Quand on le rencontre dans un restaurant de l’avenue Montaigne, c’est un François Cluzet disponible et détendu qui nous accueille. La sérénité qu’il affiche ce jour-là amènerait presque à reconsidérer l’image de l’acteur nerveux qu’il véhicule de rôle en rôle. Élégant sans ostentation, le regard pénétrant, il parle avec fluidité et franchise. Celui qui se définit comme « un homme simple et curieux » évoque sa vocation précoce pour le spectacle : « J’ai toujours rêvé d’être un acteur célèbre, depuis l’âge de 10 ans. Je m’entraînais à faire des cascades en classe. Trente ans après, j’ai enfin pu tourner un film d’action, Ne le dis à personne, grâce à Guillaume Canet. Le cinéma de genre a toujours été mon cinéma d’élection. » Pas étonnant qu’il soit si à l’aise dans le thriller Blanc comme neige, réalisé par Christophe Blanc, qu’il qualifie de «grand auteur, précis et intelligent ». Dans le rôle d’un concessionnaire de voitures de luxe aux prises avec la mafia, Cluzet envisage les scènes de cascades sur le même plan que les scènes d’amour. De son propre aveu, ce Parisien de 54 ans, fils d’un marchand de journaux, ne serait pas sorti de sa condition s’il n’avait manqué, plus jeune, d’affection:«J’ai décidé que je ne vivrais pas sans amour et j’ai embrassé le métier de comédien pour ça. Je sais que je ne remplirai jamais ce manque mais ça m’a donné une autre vie que celle que j’ai vécue pendant mon enfance. ». C’est en jouant, à l’adolescence, dans des groupes de rock qu’il se découvre un goût pour la scène. À 17 ans, il abandonne le lycée et intègre le Cours Simon, puis ceux de Périmony et Cochet. Il débute sur les planches en 1976 et avec la découverte d’auteurs comme Tchekhov, Marivaux, Molière ou Musset.
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Technologie
[Jeu Vidéo] Bioshock 2
Le 15/03/2010
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RESSAC
Où l’on reparle de scaphandres et de petites filles mutantes... Il y a trois ans émergeait Bioshock, jeu de tir à la poésie toute sous-marine, entre Jules Verne et Wes Anderson. C’est donc tête la première qu’on plonge dans le second volet de la saga, qui sort ces jours-ci.
_Par Étienne Rouillon
Palmes, tuba et foreuse anti-goule, paré pour patauger à nouveau dans la mare aux traquenards. En 2007, le premier Bioshock a fait tourner les pupilles en inventant le jeu de tir contemplatif. C’est un peu comme si on parlait d’un film de cul interprété façon one-man show: on est familier du fond mais surpris par la forme. Dans Bioshock 2, on redécouvre, derrière le viseur du pistolet à rivets, les contours ruisselants de la ville de Rapture – jadis Atlante, aujourd’hui Tantale au supplice. Cette cité 20 000 pixels sous la mer est à nouveau la raison d’être du jeu. Ainsi, après avoir sulfaté les fats zombies qui peuplent ses gratte-ciel, on déambulera pour la rétine. Dans les palais immergés, les yeux mouillés d’appétit pour l’architecture aqueuse, on retrouve les fantasmes d’anticipation scientifique d’un Jules Verne, épanouis dans un décorum aux frontières des années 1950 et 1960. Les amateurs de la série Mad Men se sentiront en terrain connu, une fois de plus – pour ne pas dire une fois de trop ? Parce que si c’est toujours aussi enivrant, les joueurs qui ont de la bouteille auront un goût de déjà bu.
Au milieu des autres jeux de tir, Bioshock surnageait entre deux eaux : l’évident et l’intriguant. Bioshock 2 brasse les recettes de l’aîné, en prenant le risque d’une suite redondante. Choisir, c’est risquer de choir. Le leitmotiv asséné au joueur a bien failli avoir raison du jeu. L’intrigue est sensiblement la même, bien que les protagonistes changent : Rapture est une cité utopiste où les scientifiques ne sont limités dans leurs expériences par aucune contrainte morale. Les citoyens de cette ville établie dans les bas-fonds d’un océan profitent d’expérimentations débridées pour développer des pouvoirs incendiaires ou télékynésiques, jusqu’à devenir esclaves de l’Adam, une drogue qui leur permet de profiter de ces nouvelles compétences. Ces junkies de Rapture, les Chrosômes, ont précipité la cité idéale dans une décadence cannibale. Vous incarnez un «Big Daddy» (personnage que l’on combattait dans le premier Bioshock), sorte de gardien du temple en scaphandre dont le rôle est de défendre les « Petites Soeurs » qui extraient l’Adam des cadavres de Rapture. Les choix moraux émaillent toujours votre progression : faut-il jouer les super nanny avec les Petites Soeurs ou jeter le bébé avec l’eau du bain, c’est-à -dire massacrer les frangines pour s’approprier l’Adam ? Doit-on punir les salauds qui vous ont créé ou leur pardonner ? Bioshock 2 interroge le joueur sur la puissance que lui confère la manette, là où d’autres titres ne provoquent qu’oeil torve et écume aux lèvres.
Les mécanismes de jeu se sont toutefois musclés et les assauts des Chrosômes donnent la part belle à la stratégie de défense. Il faudra mobiliser avec astuce l’arsenal steampunk, au design génial : pistolet à rivets piégés, tourelles de protection rouillées jusqu’à l’huile, et bien sûr l’iconique foreuse à pétrole. Dernier détail enchanteur : l’environnement sonore, particulièrement soigné. Les gouttes d’eau carillonnent dans les flaques, pendant que les cascades d’infiltration murmurent dans les murs. «C’est une imprudence d’écouter trop d’avis, et se tromper au choix », bafouillait Pierre Corneille. En refusant de donner du crédit aux Cassandres qui prédisaient une suite inutile, le studio 2K Games a fait le bon choix. On a hâte de barboter une troisième fois avec ces maîtres- nageurs.
Genre : FPS / Promenade Éditeur : 2K Games Plateforme : PC, PS3, X360
Culture
[Musique] Christophe & Dominique A
Le 15/03/2010
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DECHANTEURS
Deux rénovateurs de la chanson française, le beau bizarre CHRISTOPHE et le toujours remué DOMINIQUE A, hanteront et enchanteront ce mois-ci les salles de concerts. Parcours croisés de deux intranquilles.
_Par Wilfried Paris
Alpha du renouveau de la chanson française dans les 90s, Dominique A, s’il a payé son tribut à l’imprudent Bashung (Immortels, sur le récent La Musique, fut composé pour lui), avait aussi, en 1993, repris le Chiqué, chiqué de Christophe, dans une tentative d’autodérision au moment (auto)critique du deuxième album. «C’est du faux, pas du vrai » : tube qui ne sonnait pas creux, et qui pourtant ne parlait que de ça, du vide derrière l’artefact culturel, Chiqué, chiqué résonnait comme un passage de témoin, intronisant l’A dans la cour des petits maîtres de la chanson française (Polnareff, Christophe donc), avant qu’il ne s’attaque aux grands chanteurs hantés, à la voix portant et au regard lointain (Brel, Ferré). Boucle presque bouclée, Dominique A revient aux sources ces jours-ci avec La Musique, enregistrée en autarcie comme La Fossette originelle, et se trouve peut-être plus d’affinités que jamais avec le dernier Bevilacqa.
Car Christophe, revenu des Paradis perdus, du rock’n’roll, des yé-yé, de l’électro, conscient de l’impermanence de son statut, de l’évanescence d’un air, comme Dominique A, remet chaque fois sur le tapis de sa maison studio l’ouvrage, pour tenter chaque fois de réinventer ce que chanson veut dire : «déchanter » est son mot favori. Comme s’il fallait défaire, (se) défiler, découdre et dénouer les fils, pour mieux réapprendre à tisser (peindre) une nouvelle toile, et finalement Aimer c’que nous sommes, comme le titre de son dernier album. Ces deux grandes voix claires déchantent, comme on déjoue l’attente, comme on dévie d’une route, préférant les obliques ou les perpendiculaires, voire les retours en arrière, pour mieux repartir. Ainsi amateurs d’expériences scéniques parallèles, Dominique A jouera ce mois-ci devant un nouveau public, les abonnés des centres culturels hexagonaux, avant un Bataclan conclusif, tandis que Christophe, qui fut prince à Versailles cet été, investira la Cité de la musique, sa cité.
Dominique A en tournée dans les centres culturels et au Bataclan le 31 mars, dès 19h30, 33 €
Cinéma
[Cinéma] La Révélation
Le 15/03/2010
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FAITES ENTRER L’ACCUSÉ
Avec La Révélation, l’Allemand HANS-CHRISTIAN SCHMID réalise un thriller polyglotte et maîtrisé, autour d’une enquête au long cours du Tribunal pénal international. Édifiant.
_Par Clémentine Gallot
Le désastre de la guerre est plus photogénique que la longue traînée qu’il laisse derrière lui. Pourtant, c’est bien aux conséquences de la guerre des Balkans que le film de Hans-Christian Schmid choisit de s’intéresser. Un général serbe doit être jugé pour crimes contre l’humanité. La procureur (Kerry Fox) est chargée d’assembler les preuves, le film naviguant ainsi entre La Haye, Bruxelles, Berlin et la Serbie. Cette coproduction s’inscrit dans un genre qu’affectionne la télévision publique : la fiction européenne savante et efficace. Rendre cinégénique le Tribunal pénal international et les rouages opaques de sa bureaucratie n’était pas une mince affaire. Ce polar sans apprêt surmonte pourtant l’austérité de son sujet grâce à l’actrice néo-zélandaise Kerry Fox, vue dans Bright Star, et à la géniale Anamaria Marinca, de 4 mois, 3 semaines et 2 jours. Le film dresse un constat amer : la justice internationale est un dirty business et l’inculpation des criminels de guerre une tâche quasi impossible. Et l’un des personnages de conclure : « Le tribunal n’est pas une thérapie. »
Un film de Hans-Christian Schmid // Avec Kerry Fox, Anamaria Marinca…
Distribution : EuropaCorp // Allemagne-Pays-Bas, 2008, 1h45
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Cinéma
[Cinéma] Blanc comme neige
Le 15/03/2010
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NOIR SUR BLANC
CHRISTOPHE BLANC jongle avec les codes du genre dans Blanc comme neige, thriller familial classieux qui nous fait visiter les plus sombres recoins de l’âme humaine. Un film qui époustoufle par son sens du storytelling et son impureté.
_Par Pablo René-Worms
Des ombres qui jouent à cache-cache dans les étourdissantes plaines finlandaises. Un homme seul, touché, agonisant au milieu de nulle part. Comment en est-on arrivé là ? Heureux patron d’une concession automobile de luxe, Maxime a tout pour lui. La reconnaissance de ses pairs, une femme magnifique, et l’amour de sa famille. Tout roule donc dans le meilleur des mondes, jusqu’à ce qu’une bande de malfrats surgisse dans sa vie. Dès lors, la machine infernale se met en branle, la seule issue pour lui est de mettre les mains dans le cambouis, entraînant irrémédiablement son entourage dans sa propre chute. « Avec mon coscénariste, Roger Bohbot, nous avions le Livre de Job en ligne de mire, explique le cinéaste. Il propose une suite de catastrophes sans fin dont Job est constamment la victime. Job a peur de tout : peur de perdre, de manquer, d’être mal perçu. » Des Bouches-du-Rhône à la Finlande, le périple de Maxime l’entraînera sur le chemin de la rédemption. Un passage de l’ombre à la lumière pour ce film noir sur fond blanc.
Un film de Christophe Blanc // Avec François Cluzet, Louise Bourgoin…
Distribution : MK2 // France-Belgique, 2009, 1h35
Lire l'interview croisée de Christophe Blanc et Nicolas Saada.
Lire le portrait de François Cluzet.
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