
BIGBAND
Cocktail explosif de soul, de funk et de rock, le premier album
de Push Up,
The Grand Day of Quincy Brown, fait rimer
ambiances urbaines et références cinéphiles. En juillet, les
huit membres du groupe investissent le MK2 Quai de Seine
pour une carte blanche autour des films de la blaxploitation…
Rencontre avec trois d’entre eux : le flûtiste Jî Drû,
la chanteuse Sandra Nkaké et le vocaliste Karl the Voice.
_Propos recueillis par Juliette Reitzer
Comment le groupe Push Up est-il né ?
Jî Drû : On se connaît tous depuis longtemps, chacun travaille
sur les projets des autres… L’impulsion de faire de
la musique ensemble a toujours été là . Push Up nous a
permis de concrétiser toutes ces petites histoires d’amitié.
On a commencé par travailler en studio puis, très vite, on
a eu envie de l’énergie de la scène.
Qui est Quincy Brown, le héros de votre premier album ?
Sandra Nkaké : C’est un voisin, on habite le même quartier. Il cristallise bien
les problématiques quotidiennes des gens de notre âge, entre 30 et 40 ans.
On raconte une journée de Quincy, un moment clé de sa vie où il se pose
plein de questions : comment élever ses enfants, le choix de son travail,
de ses amis… C’est un peu l’histoire de chacun des membres du groupe.
Jî Drû : C’est quelqu’un de simple, qui évolue en vase clos, dans son
quartier, et qui croise un certain nombre de personnages hauts en couleur.
Un type de ceux qu’on croise dans la rue, en bas d’un immeuble, qui
connaissent tout le monde et peuvent vous aiguiller sur les bons et les
mauvais plans du quartier…
La dimension narrative est au coeur de l’album…
Sandra Nkaké : On s’est tous intéressés à cet aspect narratif dans nos
carrières solo. Ce qui nous plaît dans le cheminement artistique, c’est
vraiment de raconter quelque chose.
Jî Drû : Plutôt que de coller des chansons les unes à côté des autres,
on a choisi de bâtir un ensemble cohérent qui raconterait une histoire,
en plusieurs parties, avec un début et une fin. Dans la construction
même du disque et du spectacle, on est très proches du cinéma dans
le sens où on a repris certains dispositifs qui lui sont propres : un narrateur,
une voix off, des sons de rue… L’album pourrait être la B.O. d’un
film, particulièrement d’un film musical puisque l’on opère des échappées
vers le rock, le hip-hop...
Comment exprimez-vous cet univers en concert ?
Jî Drû : Sur scène, on essaie d’incarner les personnages
de manière expressive, mais on n’est pas du
tout dans quelque chose qui ressemblerait à une
comédie musicale. Notre côté cinématographique
tire davantage vers le film noir ou le cinéma social,
ancré dans la réalité.
Sandra Nkaké : Il y a des moments où l’on incarne
chacun Quincy Brown, d’autres où l’on pose un
regard sur lui. Comme au début d’un film, le début
du spectacle nous permet d’installer l’ambiance, le
décor, la situation. Il n’y a pas d’artifice scénographique.
La scène, c’est notre vie : on le fait très sérieusement,
mais sans se prendre au sérieux.
Votre musique est très métissée et mêle tous types
de couleurs, de sonorités…
Quelles sont les influences
de chacun d’entre vous?
Jî Drû : The Specials, John Coltrane, Nina Simone...
Sandra Nkaké : Parliament, Funkadelic, Bob Dylan...
Karl The Voice : Sex Pistols, Béla Bartók…
Le MK2 Quai de Seine vous offre une carte blanche.
Vous avez choisi de programmer un cycle
consacré à la blaxploitation. Qu’est-ce que votre
musique a en commun avec l’univers de ces films ?
Karl The Voice : Sandra et moi avons travaillé sur un
spectacle avec le pape de la blaxploitation, Melvin
van Peebles. On mélangeait des éléments de son
cinéma, de son film
Sweet Sweetback’s Baadasssss
Song, avec des atmosphères plus parisiennes, comme
par exemple la chanson
Nini peau d’chien
d’Aristide Bruant… Notre univers est le plus diversifié
et ouvert possible.
Jî Drû : Ces films sont très ancrés dans le paysage
urbain et c’est vraiment le cas de
The Grand Day of
Quincy Brown. Notre message est proche de celui de
la blaxploitation : un message d’espoir, de paix et
de foi dans le collectif. Le cycle ira de
Shaft, les nuits
rouges de Harlem de Gordon Parks Ã
Do the Right
Thing de Spike Lee… Il y aura six films au total, et les
projections du lundi soir se termineront par un petit
concert et éventuellement un débat sur le film. On
est tous passionnés de cinéma… La différence, c’est
que moi j’aime les bons films, eux les mauvais !
Carte blanche au MK2 Quai de
Seine les lundis 19 et 26 juillet
en soirée et les 17, 18, 23 et 24
juillet en matinée.
Toute la programmation sur
www.mk2.com