
MOTEUR!
Nintendo joue les Saint-Exupéry en mettant à nouveau son petit prince moustachu en
orbite. Cette comète ludique décrit une ellipse parfaite autour d’un gameplay sans
gravité. Allô Houston? On n’a aucun problème.
_Par Étienne Rouillon
Vous avez déjà joué à Super Mario Galaxy 2. Si, si,
posez les mains sur les commandes de la console et
vous voilà cosmonaute d’instinct, gradé comme y faut,
prêt à avaler les miles interstellaires. C’est que ce second
volet suit la même révolution que le
premier corps céleste, qui avait l’art de vous
faire atterrir sur des univers jamais exploités
dans l’amusement vidéo, tout en mobilisant
une jouabilité aussi intuitive que la
brasse coulée chez le nouveau-né.
SMG
est Ã
SMG 2 ce qu’une blague carambar
est à un film de Judd Apatow, une naine
blanche précédant la supernova. Bien assis
au milieu de sa lune, Mario va croissant. Exit
les antiques tuyaux? Les sauts pieds joints
dans la 2D? La collecte de piécettes en
grippe-sou? Non pas. Jeu-somme,
SMG 2
est astronomique par le fond comme par la
forme. Comme d’hab, depuis le règne des cristaux
liquides sur GameBoy, la princesse Peach est prise dans
la poche d’un ravisseur ravi par ses blonds pixels, le
piquant Bowser. Et le plombier italien de se retrouver le
tuyau dans l’eau, seul au royaume des champignons.
trip hallucinogène, une course poursuite s’engage aux
quatre coins de l’espace. Mario passe de galaxies en
planètes, parfois grandes comme une montgolfière.
Autant de prétextes pour revisiter les classiques de la
franchise et redessiner l’architecture du jeu de plateforme.
Le titre est aussi fendard pour les développeurs
que pour les gamers, tant les seconds sont sidérés
par l’inventivité des premiers. Chaque planète visitée
est l’occasion de découvrir une nouvelle
manière de jouer.
On visite le cÅ“ur tendre des astéroïdes Ã
coup de foreuse, court à dos de Yoshi dopé
aux piments ou gonflé d’eau pour un effet
baudruche ascensionnelle, patine sur des
immensités glacées. Les traditionnelles transformations
en abeille butineuse ou lanceur
de feu perdurent aux côtés d’inédits enjôleurs
: le Mario-cumulonimbus qui génère
des nuages sous ses pieds, ou le plombierrocher
qui se met en boule fracassante. Mais
dans cette quête stellaire, c’est le système
même des niveaux qui nous mène en apesanteur
: 2D nostalgique par intermittence, planchers
éphémères, gravité capricieuse, billard cosmique…
Plus ardu que son prédécesseur,
SMG 2 reste accessible
au néophyte via des aides à la progression. Une
cosmogonie toujours en extension qui verse astucieusement
dans l’intertextualité et l’autoréférence. La star
de Nintendo décroche les étoiles en nous promettant
la lune. Promesse tenue.
Genre : Plates-formes // Éditeur : Nintendo // Plate-forme : Wii