Le blog du meilleur de la culture, par Trois Couleurs
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Cinéma

[Cinéma] La bande-annonce de la semaine

Le 3/02/2010

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"Sherlock Holmes" - la bande annonce de la semaine
envoyé par troiscouleurs. - Court métrage, documentaire et bande annonce.

Sherlock Holmes


Toujours en quête de héros à recycler, Hollywood repêche le bon vieux Sherlock Holmes des profondeurs de la Tamise et le passe à la moulinette du blockbuster musclé. Sacrilège ou rénovation nécessaire ?


_Par Pierre Simon Gutman

LA QUESTION
Guy Ritchie l’avait annoncé : son Sherlock Holmes allait dépoussiérer le mythe, et les photos de Robert Downey Jr. délaissant la casquette pour un torse nu et des muscles saillants en étaient la preuve ! Effectivement, le héros de cette superprod’ est loin du détective froid et sarcastique des vieilles adaptations. Le Holmes nouveau use au moins autant ses biceps que sa cervelle, court, se bat dans les bas-fonds et résout souvent la situation en fonçant dans le tas, sa canne épée en avant, épaulé par un Watson relooké en vétéran dur à cuire. À ceux qui l’accusent d’avoir trahi l’esprit des romans de Sir Conan Doyle, Ritchie (Snatch, RocknRolla) prétend que sa version est une relecture fidèle, retrouvant un Holmes originel perdu dans les clichés des adaptations ciné. Question : le Holmes 2009 est-il vraiment un retour aux sources ?

LA REPONSE
Non. Certes, le Holmes des romans était également un boxeur émérite – aspect oublié de bien des adaptations –, mais il préférait souvent laisser l’aspect physique du boulot de détective au Scotland Yard. Plus qu’une relecture, ce Sherlock Holmes produit par Joel Silver (l’homme derrière les Matrix et les Arme Fatale) est d’abord un film d’action à gros budget. Alors que le Holmes de Billy Wilder était un hommage sexuellement ambigu mais sincère aux livres, alors que le Holmes teenage de Barry Levinson (1985) continuait de jouer avec les codes du personnage, le film de Guy Ritchie enchaîne simplement les scènes d’action spectaculaires. Sherlock Holmes n’est pas nécessairement un mauvais film, c’est même un blockbuster tout à fait divertissant, mais ce n’est pas vraiment un film de Sherlock Holmes.

Cinéma

[Cinéma] Hollywood Stories - saison 3, épisode 1

Le 1/02/2010

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BOULEVARD DE LA MORT


 

Meurtres mystérieux, orgies morbides, accidents inexplicables : l’histoire d’Hollywood est aussi celle de ses scandales, où se révèle l’envers délétère de l’usine à rêves. Premier épisode : la mort étrange de Thomas Ince, qui aurait pu être celle de Charlie Chaplin…

_Par Jérôme Momcilovic

 

CITIZEN HEARST

 

Amarré sur la côte de San Pedro, l’Oneida, le yacht somptueux du magnat de la presse William Randolph Hearst, attend ses premiers invités. Parmi eux, Charlie Chaplin et Louella Parsons escortent celle qui sera leur hôtesse, la jeune actrice Marion Davies. Chaplin est un proche de Davies, qui le soutient depuis qu’a éclaté le scandale provoqué par la grossesse de sa jeune comédienne, Lita Grey. Parsons, elle, est une journaliste new-yorkaise, venue glaner de quoi remplir la rubrique mondaine qu’elle tient dans une des publications de Hearst. C’est en partie grâce à la publication de ces gossips, dont le public est friand, que s’est bâti l’empire Hearst : quelques années plus tôt, il dévoilait dans ses gros titres les détails les plus sordides de l’affaire Fatty Arbuckle, premier des grands scandales hollywoodiens. Marion Davies, elle, a les faveurs de ces mêmes colonnes, en dépit de ses piètres performances. Et pour cause : Davies est la maîtresse de Hearst, qui ne recule devant rien pour soutenir le maigre talent de la jeune femme – c’est principalement pour cette raison qu’il essaiera de faire interdire Citizen Kane, portrait à peine déguisé dans lequel Orson Welles peint Davies en ivrogne.

 

INDIGESTION ?

C’est un journal concurrent, le Los Angeles Times, qui, au matin du 18 novembre 1924, évoque le drame qui s’est joué quelques jours plus tôt sur le pont de l’Oneida : «Un producteur tué sur le yacht de Hearst ! » le producteur s’appelle Thomas Ince. Connu comme le «père du western», il est, avec Griffith ou Mack Sennett, un des pionniers du muet. C’est pour fêter son anniversaire que la crème d’Hollywood s’est réunie sur l’Oneida. Arrivé en retard, il débarquera le premier, raide mort. la version officielle, telle que relayée par les publications Hearst, explique que Ince, ayant abusé des douceurs prodiguées par ses hôtes, a été victime d’une indigestion. Kono, le secrétaire de Chaplin qui était à bord, a, lui, une toute autre version, qui va faire le tour d’Hollywood : sur la nuque du cadavre, il a vu, distinctement, l’impact d’une balle.

 

UN REVOLVER INCRUSTÉ DE DIAMANTS

La version colportée par la rumeur se résume, à quelques variantes près, ainsi : Hearst a tiré sur Ince, mais c’est un autre qu’il visait. cela faisait longtemps que Hearst soupçonnait Chaplin d’entretenir une liaison avec Davies. Et c’est principalement dans le but de les confondre qu’il a invité Chaplin à se joindre aux festivités. Les surprenant dans une situation qui devait confirmer ses doutes, Hearst se serait emparé de son revolver incrusté de diamants pour tirer sur Chaplin, mais, dans la cohue, aurait manqué sa cible, touchant mortellement Ince. Le secret de cette croisière tragique, dont le parfum de scandale fascine encore (en 2001, Peter Bogdanovich lui a consacré un film, The Cat’s Meow, inédit chez nous), restera enfoui dans les eaux du Pacifique. Encouragée par Hearst qui soutint son deuil par une somme confortable, la veuve de Ince procéda à l’incinération immédiate du corps, privé d’autopsie. Quant à Louella Parsons, qui fut, dit-on, le témoin direct du drame, elle se vit offrir un contrat à vie au sein des publications Hearst. Où elle redoubla d’éloges pour les piteuses performances de Marion Davies.

[Cinéma] Les sorties de la semaine

Le 1/02/2010

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SHERLOCK HOLMES de Guy Ritchie

Le très british réalisateur d’Arnaques, Crimes et Botanique met en scène le plus fin des limiers, amateur d’énigmes, crimes et opiacés. Le duo élémentaire est incarné avec audace par une paire d’acteurs inattendus dans l’Angleterre de Sir Arthur Conan Doyle…



UNE EXÉCUTION ORDINAIRE de Marc Dugain

Médecin près de Moscou, Anna a des dons de magnétiseuse. Une nuit, Staline en personne la fait appeler… Passé l’étonnement de voir André Dussollier camper le dictateur russe, on apprécie les dialogues parfois savoureux de ce drame immergé en pays communiste.



PLANÈTE 51 de Jorge Blanco, Javier Abad et Marcos Martinez

Imaginez un monde où nous serions les aliens ! Peuplée de petits hommes verts, la planète 51 frémit lorsqu’un astronaute humain s’y pose pour planter fièrement le drapeau américain… Un film d’animation bourré d’humour sur l’acceptation des différences.



LEBANON de Samuel Maoz 
Tour de force récompensé par un Lion d’or à la 66e Mostra de Venise, ce film autobiographique montre toute l’horreur de la guerre au Liban à travers un procédé inédit, symbolique et claustrophobique : le viseur d’un tank.


Toutes les séances des sorties de la semaine.

Cinéma

[Cinéma] Brothers

Le 1/02/2010

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BROTHERS



Depuis Au nom du père, on sait avec quel talent le réalisateur irlandais Jim Sheridan filme la fratrie. Brothers l’investit de nouveau, à travers le destin de deux frères que tout oppose. Père de famille responsable, Sam (Tobey Maguire) forme un couple équilibré avec la ravissante Grace (Natalie Portman). Sans emploi, son frère Tommy (Jake Gyllenhaal) traîne dans les bars. Sam est envoyé en Afghanistan par l’ONU. Quand il est porté disparu, Tommy prend soin de la famille de son frère et se rapproche de son épouse. Casting et interprétation exceptionnels (la performance de l’ex-Spider-Man, Tobey Maguire, impressionne), puissance émotionnelle et qualité d’écriture, Brothers compte parmi les grands films de ce début d’année.

_S.M.


Toutes les séances du film.

Culture

[Livre] L'ombre de ce que nous avons été

Le 25/01/2010

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Dans le Chili des années 2000, quatre ex-gauchistes persécutés sous Pinochet préparent un dernier coup. Avec L’ombre de ce que nous avons été
, LUIS SEPÚLVEDA signe une comédie policière tendre et cocasse, aux échos autobiographiques.

_Par Bernard Quiriny


À 60 ans, Luis Sepúlveda fait partie de ces écrivains latino-américains marqués au fer par les dictatures des années 1970, à l’instar de l’Uruguayen Carlos Liscano ou du Chilien Roberto Bolaño. Interné alors qu’il était étudiant, le jeune Sepúlveda est condamné au terme d’un procès bidon pour « trahison à la patrie, conspiration subversive et appartenance aux groupes armés. » Son avocat commis d’office lui annonce sa peine en souriant : il échappe à la mort et n’écope que de… vingt-huit ans de prison. Il faudra l’intervention d’Amnesty International pour qu’en 1977 le régime commue sa peine en exil. Cette expérience douloureuse ressurgit dans nombre de ses livres et explique son engagement infatigable en faveur de la liberté. On la retrouve dans ce nouveau roman, L’ombre de ce que nous avons été, brève comédie policière qui se joue astucieusement des codes du genre.

 

Dans un quartier mal famé de Santiago, trois vétérans du gauchisme des sixties, torturés sous Pinochet puis exilés en Europe, fomentent au fond d’un hangar un ultime coup révolutionnaire. Ils attendent un quatrième larron, « le Spécialiste », qui a tout planifié. Hélas, celui-ci ne viendra pas : alors qu’il marchait dans la rue, un tourne-disque jeté par une fenêtre lors d’une dispute conjugale lui est inopinément tombé sur la tête, le tuant sur le coup. À sa place débarque donc Coco, brave sexagénaire tout penaud d’avoir assassiné leur copain par maladresse, et qui se révèle être un ancien camarade de fac gauchiste... « Les quatre hommes se regardèrent. Plus gros, plus vieux, chauves et la barbe blanchie, ils projetaient encore l’ombre de ce qu’ils avaient été. » Et si, après tout, ils tentaient le coup quand même ? Parsemée de références au jargon marxiste de l’époque, cette succulente comédie transforme un quatuor de vieux révolutionnaires un peu paumés en grands bandits aux cheveux blancs, mus par un sursaut de grandeur admirable et pathétique. Sepúlveda les regarde avec une sorte de tendresse désabusée qui fait mouche, sans complaisance pour les aspects ridicules de leur engagement.

 

Entre polar parodique et Space Cowboys politique, truffé de mots d’esprit («Les naufragés d’un même bateau ont un sixième sens qui leur permet de se reconnaître, comme les nains», référence à une blague célèbre d’Augusto Monterroso), ce roman est une réflexion douce-amère sur la désillusion des vétérans et la flamme rouge qu’ils continuent d’entretenir au fond d’eux, seuls contre tous. À la fin, il n’est d’ailleurs pas dit qu’ils ne gagneront pas. « Prends garde, rappelle l’un d’entre eux en citant sentencieusement la célèbre phrase de Mao : une étincelle peut mettre le feu à la prairie. »

Cinéma

[Cinéma] Les sorties de la semaine

Le 25/01/2010

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SUMO de Sharon Maymon et Erez Tadmor


Israël, ville de Ramlé. Quatre amis obèses découvrent la culture japonaise. Fatigués par les restrictions alimentaires, ils décident de s’entraîner aux combats de sumo... Une comédie drôle et décalée à souhait.



NE CHANGE RIEN de Pedro Costa

Un documentaire envoûtant sur la création, l’art au travail. Avec dans le rôle principal l’actrice-chanteuse à la voix de velours, Jeanne Balibar, plongée dans la préparation de son deuxième disque aux côtés du guitariste Rodolphe Burger. Magnifique et singulier.




LA PRINCESSE ET LA GRENOUILLE de Ron Clements et John Musker

Dans la plus pure tradition Disney, ce film d’animation s’inspire librement du célèbre conte. Nous sommes à la Nouvelle-Orléans, le jazz explose et les transformations ne sont pas toujours où on les attend…

 

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Cinéma

[Cinéma] Mother

Le 25/01/2010

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Après The Host, le Sud-coréen BOOG JOON-HO signe Mother, thriller volcanique qui jongle avec les codes des films de genre et fait valser les clichés.

_Par Donald James


Memories of Murder et The Host, les deux précédents films de BOOG JOON6-HO, ont déjà fait le tour du monde. Avec son économie de moyen et son personnage de mère trouble, interprété par la très grande actrice Kim Hye-Ja, Mother est bien parti pour laisser une trace dans l’histoire du cinéma coréen. Animale, passionnelle et extrême, la veuve qui donne son titre au film suit ses instincts protecteurs, prête à tout pour sauver son petit, un benêt de 27 ans, idiot du village, coupable idéal, accusé de meurtre et expédié au trou un peu trop vite. Mother est un film monde, un thriller dont toute raison est absente et où, pourtant, tout cet entêtement maternel résonne comme une évidence minérale, dessinant en filigrane une satire noire de la société coréenne. Mother commence là où s’arrêtait Memories of Murder : dans un champ où, non loin, se trouve un cadavre. Une veuve y danse, seule. Ses gestes épousent le mouvement des plantes sauvages, des herbes folles qui parfois guérissent et d’autres fois servent à la confection de l’alcool qui tue et qui rend fou…

Toutes les séances du film

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