Culture
[Musique] 1973
Le 13/07/2010
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LARGUÉS
Voix doucereuses, claviers vintage, banjos millésimés: sur son excellent premier album, Bye Bye Cellphone, le trio parisien 1973 fait l’éloge des anachronismes, et capte l’air du temps comme personne.
_Par Auréliano Tonet
1973 est un trio, mais, ce jour-là, seuls Nicolas (chant, paroles) et Thibaut (guitares, etc.) sont présents. Le troisième larron, Jérôme (claviers, etc.), est on ne sait où, et cette absence, mine de rien, dit beaucoup du groupe parisien : jamais tout à fait là, un peu ailleurs, à côté. «Au lycée, on était très geeks. On a formé un groupe pour devenir “in”, mais ça nous a encore plus éloignés des autres ados, en fait. » De même, le nom du trio se lit moins comme un hommage aux seventies que comme une déclaration de perte (et profits) : «On était très attachés à 1973, une chanson que l’on n’arrivait pas à finir. Pour se consoler de la jeter aux orties, on a gardé son titre comme nom de groupe. » Après un EP remarqué, et quelques saisons de gamberge, 1973 sort enfin son premier album, Bye Bye Cellphone : «Un jour, j’ai perdu mon portable, et tout ce qu’il contenait, se souvient Nicolas. Cet acte résume bien le propos de l’album : un au revoir à des filles, des musiques et des moments qui ont compté pour nous. » Faussement passéistes (ils citent Mingus, Prince, Joni Mitchell), résolument pop et anglophones (ils sont proches de Syd Matters, Camille, Phoenix ou Nouvelle vague), les 1973 troussent la bande-son parfaite de l’époque : larguée, comme eux.
Bye Bye Cellphone de 1973 (Blonde Music / Sony Music)














