Culture
[Musique] Push Up
Le 20/07/2010
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BIGBAND
Cocktail explosif de soul, de funk et de rock, le premier album de Push Up, The Grand Day of Quincy Brown, fait rimer ambiances urbaines et références cinéphiles. En juillet, les huit membres du groupe investissent le MK2 Quai de Seine pour une carte blanche autour des films de la blaxploitation… Rencontre avec trois d’entre eux : le flûtiste Jî Drû, la chanteuse Sandra Nkaké et le vocaliste Karl the Voice.
_Propos recueillis par Juliette Reitzer
Comment le groupe Push Up est-il né ?
Jî Drû : On se connaît tous depuis longtemps, chacun travaille sur les projets des autres… L’impulsion de faire de la musique ensemble a toujours été là . Push Up nous a permis de concrétiser toutes ces petites histoires d’amitié. On a commencé par travailler en studio puis, très vite, on a eu envie de l’énergie de la scène.
Qui est Quincy Brown, le héros de votre premier album ?
Sandra Nkaké : C’est un voisin, on habite le même quartier. Il cristallise bien les problématiques quotidiennes des gens de notre âge, entre 30 et 40 ans. On raconte une journée de Quincy, un moment clé de sa vie où il se pose plein de questions : comment élever ses enfants, le choix de son travail, de ses amis… C’est un peu l’histoire de chacun des membres du groupe.
Jî Drû : C’est quelqu’un de simple, qui évolue en vase clos, dans son quartier, et qui croise un certain nombre de personnages hauts en couleur. Un type de ceux qu’on croise dans la rue, en bas d’un immeuble, qui connaissent tout le monde et peuvent vous aiguiller sur les bons et les mauvais plans du quartier…
La dimension narrative est au coeur de l’album…
Sandra Nkaké : On s’est tous intéressés à cet aspect narratif dans nos carrières solo. Ce qui nous plaît dans le cheminement artistique, c’est vraiment de raconter quelque chose. Jî Drû : Plutôt que de coller des chansons les unes à côté des autres, on a choisi de bâtir un ensemble cohérent qui raconterait une histoire, en plusieurs parties, avec un début et une fin. Dans la construction même du disque et du spectacle, on est très proches du cinéma dans le sens où on a repris certains dispositifs qui lui sont propres : un narrateur, une voix off, des sons de rue… L’album pourrait être la B.O. d’un film, particulièrement d’un film musical puisque l’on opère des échappées vers le rock, le hip-hop...
Comment exprimez-vous cet univers en concert ?
Jî Drû : Sur scène, on essaie d’incarner les personnages de manière expressive, mais on n’est pas du tout dans quelque chose qui ressemblerait à une comédie musicale. Notre côté cinématographique tire davantage vers le film noir ou le cinéma social, ancré dans la réalité. Sandra Nkaké : Il y a des moments où l’on incarne chacun Quincy Brown, d’autres où l’on pose un regard sur lui. Comme au début d’un film, le début du spectacle nous permet d’installer l’ambiance, le décor, la situation. Il n’y a pas d’artifice scénographique. La scène, c’est notre vie : on le fait très sérieusement, mais sans se prendre au sérieux. Votre musique est très métissée et mêle tous types de couleurs, de sonorités…
Quelles sont les influences de chacun d’entre vous?
Jî Drû : The Specials, John Coltrane, Nina Simone...
Sandra Nkaké : Parliament, Funkadelic, Bob Dylan...
Karl The Voice : Sex Pistols, Béla Bartók…
Le MK2 Quai de Seine vous offre une carte blanche. Vous avez choisi de programmer un cycle consacré à la blaxploitation. Qu’est-ce que votre musique a en commun avec l’univers de ces films ?
Karl The Voice : Sandra et moi avons travaillé sur un spectacle avec le pape de la blaxploitation, Melvin van Peebles. On mélangeait des éléments de son cinéma, de son film Sweet Sweetback’s Baadasssss Song, avec des atmosphères plus parisiennes, comme par exemple la chanson Nini peau d’chien d’Aristide Bruant… Notre univers est le plus diversifié et ouvert possible.
Jî Drû : Ces films sont très ancrés dans le paysage urbain et c’est vraiment le cas de The Grand Day of Quincy Brown. Notre message est proche de celui de la blaxploitation : un message d’espoir, de paix et de foi dans le collectif. Le cycle ira de Shaft, les nuits rouges de Harlem de Gordon Parks à Do the Right Thing de Spike Lee… Il y aura six films au total, et les projections du lundi soir se termineront par un petit concert et éventuellement un débat sur le film. On est tous passionnés de cinéma… La différence, c’est que moi j’aime les bons films, eux les mauvais !
Carte blanche au MK2 Quai de Seine les lundis 19 et 26 juillet en soirée et les 17, 18, 23 et 24 juillet en matinée. Toute la programmation sur www.mk2.com














