Sciences sociales, regards sur le monde

Informations pratiques
Du samedi 1 septembre 2018 au jeudi 20 juin 2019
Tarif(s)

Tarif à l’unité : 7,90€
Tarif étudiant et - 26 ans : 4,90€

Présentation

"Sciences sociales. Regards sur le monde" est un nouveau cycle de rencontres, à l’initiative du mk2, de l’EHESS et du CNRS.
Il propose de découvrir, dans toute leur complexité, certains enjeux propres à une région du monde. Photos, séquences de film, bande-son… ce moment audiovisuel sera raconté, commenté questionné par un chercheur issu d’un centre de recherche EHESS/CNRS spécialisé sur les grands ensembles culturels d’Asie, d’Amérique, d’Afrique ou d’Europe.

Ces rendez-vous se déroulent au mk2 Odéon (côté St Michel), de 12h30 à 13h30.

Programme
22 novembre 2018 Un siècle de photographies indiennes. 1880-1980
Avec Zoé E. Headley, Centre d'études de l'Inde et de l'Asie du Sud (CEIAS, EHESS/CNRS)
Zoé Headley pose un regard original sur l'évolution de la société indienne contemporaine en retraçant un siècle d’histoire sociale, économique et technique des studios de photographies en Inde. Cette histoire est celle de la photographie « subalterne », c'est-à-dire des milliers de photographes anonymes qui entre 1880 et 1980 ont produit des portraits d'individus ou de famille en noir et blanc. Elle rompt volontairement avec les approches dominantes qui analysent les productions photographiques coloniales et aristocratiques.
La discussion avec le public s'organisera autour d'une série de photographies commentées et de la projection d'un film présentant la chercheuse sur son « terrain »..
14 février 2019 Le génocide des Arméniens : quelles images contre le déni ?
Avec Claire Mouradian, Centre d’études des mondes russe, caucasien et centre-européen (CERCEC, CNRS/EHESS)
Un siècle après, le génocide des Arméniens de 1915 est toujours nié par l’Etat turc, héritier de l’Empire ottoman. D’où de nombreux travaux centrés sur la question de la preuve. Dans une époque où le « choc de l’image » est devenu souvent prééminent par rapport au « poids des mots », comment peut-on documenter et illustrer ce crime contre l’humanité sur lequel les sources iconographiques sont non seulement rares du fait de la censure, des limites technologiques de l’époque et de l’effacement des traces, mais aussi mal référencées, nécessitant un travail d’authentification ?
La discussion avec le public s’organisera autour d’une série de photographies, d’illustrations et d’extraits de films de fiction et documentaires.
14 mars 2019 L’Iran, au-delà des images médiatiques - Séance reportée (date à venir)
Avec Ariane Zevaco, Centre d'Études Turques, Ottomanes, Balkaniques et Centrasiatiques (Cetobac)
Notre perception de la vie quotidienne, de la société et de la culture en Iran est influencée par des images construites ou véhiculées par les médias, qui reflètent les idées reçues sur la place des femmes dans la société ou sur l'omniprésence de la religion, et sont nourries de préjugés orientalistes. Anthropologue, Ariane Zevaco travaille sur les modes de représentation des traditions culturelles au Tadjikistan, en Afghanistan et en Iran. Elle questionnera la validité de ces images dominantes en mobilisant d'autres images, moins diffusées, qui révèlent la difficulté de documenter par l’image la société plurielle de ce pays au cœur de l’actualité.
21 mars 2019 Diversité des langues et savoir traditionnel en Chine
Avec Guillaume Jacques, Centre de recherches linguistiques sur l’Asie orientale (CRLAO)
On compte en Chine plusieurs centaines de langues à tradition orale, qui forment un patrimoine très menacé et insuffisamment documenté. Ces langues sont dépositaires d'un savoir traditionnel concernant l'usage local des plantes sauvages, de l'agriculture et de l'architecture. Dans son intervention, Guillaume Jacques illustrera l'intérêt particulier de ces langues pour comprendre l'histoire et la préhistoire de la culture sino-tibétaine en étudiant, sur la base d'enregistrements audio, l'exemple d'une zone de haute diversité linguistique, la région tibétaine Gyalrong située au nord du Sichuan.
18 avril 2019 Vivre avec les dieux
Montrant tour à tour des figures prophétiques ivoiriennes, des cultes vodũ au Togo, des rituels célébrant les divinités brésiliennes connues sous le nom de caboclos et les cérémonies du Tõhé des Indiens pumé au Venezuela, Jean-Paul Colleyn croisera ainsi anthropologie visuelle, anthropologie de la maladie et anthropologie religieuse. A travers des extraits de films et de nombreuses photographies, il explorera différents phénomènes religieux (rituels, possessions, initiations, dispositifs thérapeutiques, etc.) dont les similarités se répondent par-delà leurs spécificités contextuelles. Cette perspective visuelle permettra également d'interroger la notion de représentation dans l'anthropologie, et particulièrement dans l'étude du fait religieux, où l'image comme la mise en scène règnent.
16 mai 2019 Le cinéaste et la dissidente. Une contre-histoire de la Chine maoïste
Avec Anne Kerlan, Centre d'études sur la Chine moderne et contemporaine - CECMC (EHESS/CNRS)
En 1998, Hu Jie, réalisateur de films documentaires, entend parler de l'histoire d'une étudiante de l'université de Beida, Lin Zhao, qui fut étiquetée droitière en 1957 puis emprisonnée comme contre-révolutionnaire. De sa cellule, durant sept années, elle ne cessa de réclamer justice et de combattre un régime qu'elle qualifiait de "totalitaire", écrivant avec son sang des milliers de pages. En 1968, elle est exécutée. Hu Jie décide de lui consacrer un film. Au terme de quatre ans d’enquête, il exhume un passé bien différent de l'histoire officielle chinoise. Son film, A la recherche de l'âme de Lin Zhao, est à la fois un monument à la mémoire de cette "combattante de la liberté" et une dénonciation forte contre le régime maoïste.
Cette séance reviendra sur le film, analysant la façon dont Hu Jie raconte l'histoire de Lin Zhao et montrant aussi comment ce film a permis que Lin Zhao devienne une icône de la dissidence dans la Chine d'aujourd'hui.
20 juin 2019 Les îles Samoa, le tatouage et la globalisation d’un rituel insulaire
Avec Sébastien Galliot, Centre de Recherche et de Documentation sur l'Océanie (CREDO). Longtemps marginalisé, le tatouage est peu à peu devenu un produit de consommation de masse. Au sein de la communauté samoane insulaire et en diaspora, il constitue une action rituelle. Comment les échanges et les mobilités entre le monde du tatouage professionnel occidental et les mondes polynésiens ont-ils contribué à renouveler, enrichir et transformer les compétences et les statuts des praticiens ? Durant cette séance, Sébastien Galliot abordera l’exceptionnelle continuité de ce rite dans l’histoire d’un archipel marqué par la christianisation et la colonisation. Il soulignera l’importance de l’iconographie et des techniques de mise en image pour sa conservation.

Les événements de la semaine