Séance Phantom : Filmer l'ombre / Ana Vaz

Informations pratiques
Jeudi 26 Avril 2018 à 20h00
Présentation

Séance Phantom en lien avec Cinéma du Réel
Programme de plusieurs films présentés pour la première fois en France.


"The Voyage Out Radio Series" de Ana Vaz & Nuno da Luz, (2017, 15′)
Deux ans après le désastre nucléaire à Fukushima, une nouvelle île, émerge au Sud de la mer du Japon : Nishinoshima. Depuis l’année 2222, un.e voyageur.euse cyborg envoie une transmission, premières esquisses d’une cartographie transversale de cette île-monde en train de se constituer…

"Aux ancêtres futurs" de d’Olivier Marboeuf et Ana Vaz (2018, 10')
À l'été 2016, la ville de Naraha se rétablissait lentement après avoir été vidée de ces habitants à cause du tsunami-devenu-désastre toxique de mars 2011 à Fukushima. Les évacuations forcées avaient transformé la ville en un seuil fantomatique entre la zone d'exclusion et ses alentours toxiques. Des voix racontent les présences qui tentent de recomposer et d’habiter ce nouveau monde.

"Atomic Garden*" de Ana Vaz (2018, 8')
Des fleurs mutantes explosent et trouent la nuit, une possible fin, une renaissance sauvage.

"Olhe bem as Montanhas" de Ana Vaz (2018, 30')
« Regardez bien les montagnes ! » : l’impératif vient de l’artiste Manfredo de Souzanetto, pendant les années de dictature au Brésil. L’exploitation minière était en train de détruire l’environnement dans l’État du Minas Gerais, dans le Sud-Est du pays. Par le biais du montage, Ana Vaz met en parallèle cette région et celle, géographiquement très éloignée, du Nord-Pas-de-Calais, également marquée par trois siècles d’exploitation minière. D’un côté, des montagnes érodées, dont les habitants subissent les glissements de terrain meurtriers. Les montagnes creuses, évidées, deviennent réceptacles d’une mémoire spectrale. De l’autre, en France, les traces de l’exploitation, un temps effacées, font aujourd’hui l’objet d’une revalorisation patrimoniale, et paradoxalement, les tas de déchets miniers sont devenus des montagnes, des réservoirs de biodiversité, la frontière entre nature et technique s’avérant insituable. La cinéaste surprend à chaque plan, la poésie primant sur tout discours militant ou environnemental – ainsi de la séquence des scientifiques qui mesurent les chauves-souris sous la lune. Le « regardez bien » pousse vers le détail, la matière visuelle et sonore. Jamais cependant détachées du politique : un plan du ciel pris du fond d’un ravin suffit à évoquer les fantômes de peuples indigènes éradiqués, dont subsistent encore cependant des peintures pariétales. (Charlotte Garson)

* Atomic Garden contient des effets de scintillement, peut produire des symptômes légers de vertige, de somnolence et est susceptible de provoquer des stimuli pour l'épilepsie photosensible

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