Alain Gomis, Histoires communes
Depuis L’Afrance, en 2001 jusqu’à Dao, sorti en salle au printemps 2026, en passant par Félicité, en 2017, les visages et les corps des personnages d’Alain Gomis impriment leurs rythmes fous dans les paysages du cinéma contemporain.
Grandi dans le Paris des années 70, le cinéaste franco-sénégalais - fraîchement récompensé par le prix Jean Vigo d’honneur – construit des récits à la frontière du documentaire, dont les personnages affrontent les angles morts de l’Histoire, dans une recherche formelle toujours au plus près, des regards, des existences.
Auteur de six longs métrages pour le cinéma à ce jour, Gomis questionne notre humanité à l’aune de nos identités multiples et cabossées dans une œuvre traversées par l’exil et les relents sans fin de la colonisation.
« En voyageant dans les films en tant que spectateur, j’ai été une petite fille chinoise, un grand-père égyptien, le cinéma est pour moi une sorte d’intimité partagée. Le temps d’un film, je suis dans le cercle proche d’un personnage, en cela il peut participer à cette notion de commun dont on parle tant aujourd’hui, c’est un « je » qui dit « nous » », explique le cinéaste.
Tout au long de la fabrication des films, Alain Gomis réfléchit au sens de « faire ensemble », avec une équipe technique fidèle depuis ses débuts tout d’abord, avec les comédiens, professionnels ou non, avec qui il partage le plateau par la suite.
En 2018, il a créé le Centre Yennenga, dans le quartier de Grand Dakar, un lieu de formation pour les cinéastes de l’Afrique de l’ouest offrant également des possibilités de post-production et un espace de diffusion du cinéma, pour tous.
C’est l’ensemble de ce travail d’une vie qu’il partage au Centre Pompidou (site mk2 bibliothèque X Centre Pompidou), dès le 7 octobre prochain.